Les allergies alimentaires peuvent frapper très tôt dans la vie d’un enfant, c’est-à-dire avant même qu’il commence à manger. En effet, certains bébés réagissent à des substances provenant de l’alimentation de leur mère qui se retrouvent dans le lait maternel. Lorsque c’est le cas, la mère doit modifier son alimentation pour éviter de consommer la nourriture en cause. Cette stratégie peut cependant être difficile à appliquer et ne fonctionne pas à tout coup. Heureusement, une allergologue de l’hôpital Sainte-Justine s'est penchée une nouvelle approche.
Dans une étude publiée l’an dernier, la Dre Anne Des Roches a évalué l’utilisation de capsule d’enzymes pancréatiques par des mères pour diminuer la présence d'allergènes alimentaires dans leur lait. Les enzymes pancréatiques sont des molécules qui ont entre autres la capacité de briser les protéines en très petits morceaux. En agissant ainsi, elles permettent d’éviter que des allergènes complets ne se retrouvent dans le lait maternel et ne causent une réaction chez le bébé.
Pour évaluer l’efficacité de cette méthode, Dre Des Roches et son équipe ont demandé à 25 mères allaitantes de manger un œuf brouillé et d’extraire ensuite des échantillons de leur lait. Les chercheurs ont alors pu mesurer la quantité d’ovalbumine, la principale protéine du blanc d’œuf, se retrouvant dans le lait. Les analyses ont révélé que le lait maternel de 60 % de ces mères contenait en effet cette protéine, la quantité la plus importante étant atteinte 2 heures après avoir mangé l’œuf.
Lorsque les scientifiques ont demandé à ces mères de prendre des capsules d’enzyme pancréatiques avant de manger l’œuf, la quantité d’ovalbumine dans le lait maternel a chuté chez 80 % de ces mères. De plus, la protéine était carrément indétectable chez 47 % des femmes analysées.
Déjà en 1999, des chercheurs américains avaient obtenu des résultats encourageants avec les enzymes pancréatiques. Leur très petite étude avait été réalisée sur quatre bébés qui avaient du sang dans leurs selles, un symptôme classique de réaction allergique. Malgré le fait que ces mères avaient cessé de consommer du blé, des œufs, des noix et des arachides, l’état de leur bébé ne s’améliorait pas. Toutefois, la prise d’enzymes pancréatiques avait réglé la situation pour trois des enfants.
Mis ensemble, ces deux études indiquent que le traitement à base d’enzyme pancréatique pourrait constituer une solution intéressante pour diminuer les réactions allergiques d’un bébé, sans compromettre la poursuite de l’allaitement. La Dre des Roches mentionne cependant que des essais cliniques réalisés à l’aveugle de même que des tests sur d’autres aliments allergènes seront nécessaires avant d’aller plus loin. Cela dit, la sécurité des enzymes pancréatiques n’est plus à démontrer. Elles sont en effet utilisées depuis plusieurs années pour soigner les patients atteints de fibrose kystique.
Les experts estiment que 0,5 à 1 % des bébés allaités exclusivement souffrent d’allergies alimentaires.
- Ce billet a également été publié sur le site de l'Agence Science-Presse.
Pour en savoir plus:
Comment les protéines du lait de vache peuvent-elles passer dans le lait maternel?
Allergies: gare à la poussière d'arachide!
Références:
Des Roches A, Abbott M, Bégin P, Paradis J, Paradis L. (2014) Oral pancreatic enzyme supplements can reduce excretion of ovalbumin in breast milk. J Investig Allergol Clin Immunol. 24(1): 62-63.
Repucci A. (1999) Resolution of stool blood in breast-fed infants with maternal ingestion of pancreatic enzymes. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 29(4):500
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25 septembre 2015
Allaitement: un nouveau traitement pour les réactions allergiques
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27 novembre 2014
Allergies: gare à la poussière d'arachide!
La présence d'allergènes d'arachides dans la poussière pourrait bien être responsable du développement des allergies, selon une étude réalisée à Londres. Cette découverte confirme un peu plus l'hypothèse de la double exposition dont j'avais discuté dans un billet précédent portant sur le lien entre l'âge d'introduction des solides et les allergies.
Les chercheurs britanniques ont étudié de plus près l'environnement de 359 enfants à risque de développer des allergies aux arachides. Ceux-ci avaient en effet un historique d'eczéma ou d'allergies alimentaires. Les résultats de l'étude indiquent que la présence de protéines d'arachides dans la poussière double le risque d'allergie à cet aliment chez ces enfants.
Ce n'est pas la première fois que cette équipe de scientifiques s'intéresse à la présence d'arachides dans la poussière. En 2013, ils ont en effet établi un lien entre la consommation d'arachides par une famille et la présence de protéines allergènes dans la poussière se retrouvant dans le lit des enfants et dans leurs espaces de jeu. Fait important, les protéines d'arachides ainsi détectées conservaient leur potentiel allergène puisqu'elles pouvaient activer in vitro certaines cellules du système immunitaire impliquées dans les allergies (les basophiles).
Une mutation en cause?
Dans un autre projet de recherche, les mêmes chercheurs ont étudié des enfants qui avaient la particularité d'être porteurs d'une mutation dans le gène FLG, qui code pour la protéine filaggrine. Ils ont constaté que lorsque cette mutation est présente, une augmentation de 6 fois du risque d'allergie est notée pour chaque unité supplémentaire d'allergènes d'arachide présente dans la poussière.
Ce résultat s'explique facilement lorsqu'on connaît la fonction de la protéine fillagrine. Celle-ci a en effet la particularité de se lier à la kératine se trouvant dans les cellules de la peau. Elle jouerait alors un rôle important pour empêcher l'eau et les allergènes de la traverser. Si le gène FLG est défectueux, la barrière cutanée n'est plus aussi fonctionnelle. C'est pourquoi cette mutation prédisposerait les enfants à l'eczéma, une condition caractérisée par une inflammation chronique de la peau.
Selon les chercheurs, le fait que les enfants portant une mutation dans le gène FLG courent plus de risque de développer des allergies lorsqu'ils sont exposés à la poussière d'arachide confirmerait l'hypothèse de la double exposition. En effet, selon cette hypothèse, une exposition aux allergènes par de petites ouvertures de la peau stimulerait les allergies alors qu'une exposition à un allergène par le système digestif induirait la tolérance. Comme la peau des enfants avec une mutation dans le gène FLG est plus fragile, l'exposition par le système cutané serait plus fréquente.
Au Canada, 7 % des gens souffrent d'allergie alimentaire.
Pour en savoir plus sur les allergies alimentaires:
Aliments solides et allergies : avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure
La transmission des allergies pendant la grossesse
Pour en savoir plus sur les allergies alimentaires:
Aliments solides et allergies : avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure
La transmission des allergies pendant la grossesse
Références:
Brough, H.A. et al. (2014) Atopic dermatitis increases the effect of exposure to peanut antigen in dust on peanut sensitization and likely peanut allergy. J Allergy Clin Immunol. Published online November 18, 2014.
Brough HA, Simpson A, Makinson K, Hankinson J, Brown S, Douiri A, Belgrave DC, Penagos M, Stephens AC, McLean WH, Turcanu V, Nicolaou N, Custovic A, Lack G. (2014) Peanut allergy: effect of environmental peanut exposure in children with filaggrin loss-of-function mutations. J Allergy Clin Immunol. 2014 Oct;134(4):867-875.e1.
Brough HA1, Santos AF, Makinson K, Penagos M, Stephens AC, Douiri A, Fox AT, Du Toit G, Turcanu V, Lack G. (2013) Peanut protein in household dust is related to household peanut consumption and is biologically active. J Allergy Clin Immunol. 2013 Sep;132(3):630-8.
London, King's College. "Peanut allergy in children with eczema during infancy linked to peanut in household dust ." Medical News Today. MediLexicon, Intl., 21 Nov. 2014. Web.
Santé Canada. (2013) Les allergies alimentaires et les intolérances alimentaires. Consulté le 27 novembre 2014.
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16 septembre 2014
Aliments solides et allergies : avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure
Aujourd'hui, je réponds à la question de Danielle : « Est-ce qu'il y a un lien entre l'âge d'introduction des aliments et les allergies? »
C'est la question à un million de dollars. Est-ce que les allergies alimentaires sont en augmentation chez les enfants? Les experts estiment que la fréquence des allergies au Canada tourne autour de 7 %. Cependant, dans certaines régions du monde, ce chiffre serait en expansion et atteindrait maintenant 10 %. Plusieurs hypothèses existent pour expliquer ce phénomène. Parmi elles, l'âge optimal d'introduction des solides chez les bébés est sans aucun doute celle qui a le plus évolué depuis 15 ans.
Transportons-nous au début des années 2000. L'Académie américaine de pédiatrie recommande alors de retarder l'introduction des aliments avec un grand potentiel allergène (par exemple : le lait de vache, les œufs, les arachides et les fruits de mer) chez les enfants qui sont à risque de développer des allergies. À cette époque, pas si lointaine, les experts croient qu'en agissant de la sorte, on diminuera la fréquence des allergies alimentaires. Cette idée ne repose toutefois sur aucune donnée sérieuse et uniquement sur l'avis des scientifiques.
Malheureusement, la fréqence des allergies triple pendant la période où ces recommandations sont en vigueur. De quoi faire douter la communauté scientifique! Les chercheurs tentent alors de clarifier la situation grâce à différentes études. Par exemple, on compare des enfants israéliens à des petits britanniques. En effet, en Israël, les bébés consomment régulièrement des arachides pendant leur première année de vie, ce qui n'est pas le cas des bébés britanniques. On constate pourtant que la fréquence des allergies est 10 fois plus faible en Israël qu'au Royaume-Uni. D'autres études démontrent qu'il y a moins d'allergies au blé chez les enfants qui y ont été initiés avant l'âge de 6 mois.
Les scientifiques doivent se rendre à l'évidence. Le fait de retarder l'introduction des aliments allergènes favorise l'apparition des allergies. Les nouvelles études permettent même de proposer un mécanisme pour expliquer le phénomène : l'hypothèse de la double exposition.
Selon celle-ci, même si un nourrisson ne mange pas d'un aliment, il peut y être exposé dans son environnement. Par exemple, si une famille consomme beaucoup de beurre d'arachide, de petites quantités peuvent se retrouver sur la peau du bébé. Si celui-ci a de minuscules coupures, les molécules allergènes de l'arachide peuvent alors entrer en contact avec le système immunitaire de l'enfant qui croira qu'il s'agit d'un danger à éliminer. À partir de ce moment, l'enfant réagira chaque fois qu'il sera en présence d'arachides. (Une nouvelle étude semble appuyer l'hypothèse de la double exposition. Allergies: gare à la poussière d'arachide!)
Selon celle-ci, même si un nourrisson ne mange pas d'un aliment, il peut y être exposé dans son environnement. Par exemple, si une famille consomme beaucoup de beurre d'arachide, de petites quantités peuvent se retrouver sur la peau du bébé. Si celui-ci a de minuscules coupures, les molécules allergènes de l'arachide peuvent alors entrer en contact avec le système immunitaire de l'enfant qui croira qu'il s'agit d'un danger à éliminer. À partir de ce moment, l'enfant réagira chaque fois qu'il sera en présence d'arachides. (Une nouvelle étude semble appuyer l'hypothèse de la double exposition. Allergies: gare à la poussière d'arachide!)
Au contraire, si l'enfant consomme relativement tôt et régulièrement un aliment, c'est plutôt sa bouche et son système digestif qui seront en contact avec l'allergène. Cette exposition orale et gastro-intestinale permettrait à des cellules bien particulières, les cellules T régulatrices, de promouvoir la tolérance à cet allergène.
En d'autres termes, si un enfant est en contact avec un allergène dans son milieu, il doit en manger rapidement pour développer une tolérance avant d'y devenir allergique. Par conséquent, plus on attend pour offrir un aliment à un enfant, plus le risque est grand que l'enfant y soit exposé de façon cutanée avant d'avoir eu le temps d'y devenir tolérant.
Aujourd'hui, la Société canadienne de pédiatrie mentionne donc qu'il n'y a pas d'avantages à retarder l'introduction des solides, même les plus allergènes, après 6 mois. Est-ce que cela signifie pour autant qu'il faut introduire les aliments solides le plus tôt possible? Pas nécessairement.
En fait, une étude réalisée aux États-Unis a démontré que l'introduction des solides avant l'âge de 17 semaines favorise le développement des allergies. À première vue, ces résultats semblent contredire la position de la Société canadienne de pédiatrie, mais ce n'est pas le cas.
Les scientifiques proposent en effet que le mécanisme de tolérance dont nous avons parlé ne serait fonctionnel qu'à partir de 17 semaines de vie. Avant ce moment, l'exposition aux allergènes stimule les allergies plutôt que la tolérance. Par ailleurs, les chercheurs américains croient que le mécanisme de tolérance n'est pas spécifique aux aliments allergènes. Le simple fait de consommer des fruits et légumes après l'âge de 4 mois serait bénéfique puisque ceux-ci ont un effet antioxydant qui influence les processus inflammatoires, les cellules T régulatrices et la flore intestinale.
Il existerait donc une fenêtre bien précise pour introduire les aliments solides sans augmenter le risque d'allergies. C'est ce qui expliquerait pourquoi certaines recommandations sont en apparence contradictoires. En bref, le juste milieu est vraisemblablement la solution pour diminuer la fréquence des allergies : ni trop tôt ni trop tard.
Références :
Société canadienne de pédiatrie. (2013) L'exposition alimentaire et la prévenion des allergies chez les nourrissons à haut risque. Consulté le 12 septembre 2014.
Grimshaw KE1, Maskell J, Oliver EM, Morris RC, Foote KD, Mills EN, Roberts G, Margetts BM. (2013) Introduction of complementary foods and the relationship to food allergy. Pediatrics. 2013 Dec; 132(6) : e1529-38. doi : 10.1542/peds.2012-3692. Epub 2013 Nov 18.
Grimshaw KE1, Maskell J, Oliver EM, Morris RC, Foote KD, Mills EN, Roberts G, Margetts BM. (2013) Introduction of complementary foods and the relationship to food allergy. Pediatrics. 2013 Dec; 132(6) : e1529-38. doi : 10.1542/peds.2012-3692. Epub 2013 Nov 18.
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7 mars 2014
Des anticorps à tout faire
Lorsqu'on parle des anticorps, on pense souvent à des armes de destruction massive qui ne font qu'une bouchée des bactéries. Des scientifiques américains croient toutefois que la situation serait un peu plus complexe pour les anticorps se trouvant dans le lait maternel, les sIgA.
Selon les chercheurs, ces anticorps agiraient en effet sur plusieurs tableaux pour protéger le nouveau-né des infections et des maladies intestinales. Par exemple, ils stimuleraient la maturation des cellules de surface de l'intestin tout en favorisant directement la création d'une flore bactérienne de qualité.
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| Les IgA |
Pour arriver à ces conclusions, l'équipe américaine a modifié génétiquement des souris et ainsi produit des femelles avec un lait ne contenant pas de sIgA. Cette approche permet d'étudier exclusivement le rôle de ces anticorps et non pas du lait maternel en entier. Celui-ci renferme en effet une multitude de molécules actives et il est donc difficile d'établir quelle composante est responsable de quelle propriété spécifique.
Les chercheurs ont remarqué que les souris qui avaient reçu un lait sans sIgA avaient une flore bactérienne très différente des autres. En fait, au moins 80 types de bactéries étaient présentes seulement dans un des deux groupes analysés.
De plus, les cellules intestinales des souris qui n'ont pas été exposées aux sIgA n'exprimaient pas les mêmes gènes que les autres souris. Ceux activés par les sIgA seraient très importants pour permettre aux cellules intestinales de se reproduire rapidement et de maintenir l'intégrité de la paroi de l'intestin lorsqu'elle est attaquée.
Ces deux particularités influenceraient la lutte contre les microbes. Les chercheurs ont en effet remarqué que chez les souris qui ont reçu du lait sans sIgA, certaines bactéries traversaient plus facilement la barrière de l'intestin et arrivaient à se rendre jusque dans les ganglions lymphatiques. Les sIgA protègeraient donc le nouveau-né contre l'invasion par certains pathogènes. Selon les chercheurs, les sIgA du lait maternel seraient nécessaires jusqu'à ce que le bébé puisse produire lui-même ce type d'anticorps.
Certains anticorps du lait maternel agissent donc de concert avec les bonnes bactéries de l'intestin pour en assurer l'équilibre. En plus d'offrir une protection contre les pathogènes, les scientifiques proposent que les sIgA pourraient aussi diminuer le développement de certaines maladies allergiques ou inflammatoires. Pas étonnant qu'on leur prête un rôle central pour protéger les nouveau-nés.
Référence:
Rogier EW1, Frantz AL, Bruno ME, Wedlund L, Cohen DA, Stromberg AJ, Kaetzel CS.(2014) Secretory antibodies in breast milk promote long-term intestinal homeostasis by regulating the gut microbiota and host gene expression. Proc Natl Acad Sci U S A. 111(8):3074-9. doi: 10.1073/pnas.1315792111. Epub 2014 Feb 3.
Référence:
Rogier EW1, Frantz AL, Bruno ME, Wedlund L, Cohen DA, Stromberg AJ, Kaetzel CS.(2014) Secretory antibodies in breast milk promote long-term intestinal homeostasis by regulating the gut microbiota and host gene expression. Proc Natl Acad Sci U S A. 111(8):3074-9. doi: 10.1073/pnas.1315792111. Epub 2014 Feb 3.
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14 janvier 2014
Question de la semaine : Que contiennent les produits pour bébé?
Aujourd'hui, je réponds à la question de Sarah Mainguy : « Qu'est-ce que ne devrait pas contenir un savon ou une crème pour bébé pour être meilleur pour la santé? »
Parabène, phtalate, dioxane, formaldéhyde, phénoxyéthanol... Qu'ont-ils en commun? Non, ils ne donnent pas seulement beaucoup de points au Scrabble. Il s'agit en fait d'ingrédients pouvant se retrouver dans des produits d'hygiène pour bébé comme le shampoing, la lotion ou les lingettes pour les fesses.
Selon certains groupes environnementaux comme le Environmental Working Group, les tout-petits seraient exposés à 27 produits chimiques par jour dont certains sont associés au cancer, à des dommages pour le cerveau ou le système nerveux, aux allergies et aux perturbateurs endocriniens. D'après cet organisme, les parents devraient être prudents puisque la mention « pour enfants » ne garantit pas que le produit ait été testé ou soit sécuritaire. De plus, les enfants seraient plus vulnérables aux effets secondaires : leur peau est plus mince, ils respirent un plus grand volume d'air qu'un adulte et la barrière entre leur sang et leur cerveau n'est pas encore complètement formée.
Certains manufacturiers ont d'ailleurs cédé à la pression. Scientific American rapporte qu'en 2013, Johnson & Johnson a éliminé le formaldéhyde, les parabènes, le triclosan, les phtalates et les muscs polycycliques de leurs produits pour bébé. Ils ont aussi tenté de diminuer la quantité de dioxane. Selon la compagnie, la science démontrerait que ces ingrédients ne constituent pas un danger mais, devant l'inquiétude des consommateurs, ils ont choisi de modifier la composition de leurs produits.
Alors, que sait-on des substances chimiques se trouvant dans les cosmétiques pour bébé et doit-on les éviter?
Les phtalates
Selon certaines études, les phtalates perturberaient le développement normal des enfants. Entre autres, ces produits dérangeraient le fonctionnement des hormones et pourraient affecter le système reproducteur, en particulier chez les garçons. Ces substances augmenteraient aussi la fréquence des allergies. Bien que certains experts croient que les phtalates ne constituent pas un danger pour la population en général, la situation pourrait être différente pour les tout-petits qui sont en pleine croissance.
D'après une étude publiée dans la revue Pediatrics, les enfants exposés à des lotions pour bébé, de la poudre ou des shampoings ont des niveaux plus élevés de phtalate dans leur organisme puisqu'on peut en détecter les produits de dégradation dans leur urine. Les chercheurs concluent donc que les phtalates peuvent être absorbés par la peau des bébés et qu'il est préférable de réduire l'utilisation de ce type de cosmétiques.
D'autres scientifiques ont toutefois mis ces conclusions en doute. Selon eux, la principale voie d'exposition aux phtalates est par la bouche et non pas par la peau. De plus, la qualité de l'étude serait discutable. Les critiques croient qu'il n'est pas justifié de recommander aux parents de ne pas utiliser de produits pour bébés. Enfin, une nouvelle recherche réalisée en 2013 semble indiquer que la présence de phtalate y est très faible.
Les parabènes
Les parabènes sont des agents de conservation utilisés pour limiter la croissance des bactéries. Comme les phtalates, les parabènes pourraient affecter le fonctionnement des hormones et le système reproducteur. Bien qu'une étude ait associé les parabènes au cancer du sein, ce résultat n'aurait toutefois pas pu être confirmé par la suite.
Selon un article publié en 2013, les parabènes seraient assez communs dans les produits pour bébé. Entre autres, six marques de lingettes vendues en France en contiendraient. D'après des médecins de l'université Yale, le niveau de parabènes se trouvant dans les produits cosmétiques serait généralement sécuritaire mais pourrait causer des irritations ou des allergies chez certaines personnes. L'effet sur les tout-petits semble toutefois moins bien connu.
Le phénoxyéthanol
Selon une étude européenne, le phénoxyéthanol se retrouverait dans 14 marques de lingettes pour bébé vendues en France. À forte dose, ce produit est toxique pour le système reproducteur et pour le développement. Il est d'ailleurs interdit par l'Agence nationale de sécurité du médicament en France. En réaction à ces résultats, les chercheurs suggèrent de privilégier l'eau et le savon aux lingettes pour bébés.
Le dioxane et le formaldéhyde
Selon un article du Washington Post, des traces de dioxane et de formaldéhyde ont été détectées dans du shampoing, du gel de bain, des lotions et des lingettes pour bébé. En effet, 80 % des produits testés contentaient du formaldéhyde et 66% du dioxane. Certains experts croient toutefois que l'absorption de ces substances est très faible puisqu'elles sont généralement rincées après usage.
Le formaldéhyde peut causer des cancers si on l'ingère et le dioxane, si on le respire. Les scientifiques ignorent par contre les effets possibles lorsque c'est la peau qui entre en contact avec ces contaminants. Ce qui complique aussi l'évaluation des risques, c'est que les études sur ces deux ingrédients ont été réalisées sur des individus exposés de façon chronique pendant des années ou sur des animaux, des situations très différentes de celles vécues par un bébé.
Enfin, les emballages de cosmétiques indiquent rarement la présence de dioxane ou de formaldéhyde puisqu'ils ne sont pas de véritables ingrédients. Le dioxane est un contaminant généré par le processus manufacturier alors que le formaldéhyde est en fait un produit de la dégradation de certains agents de conservation.
Les fragrances et les parfums
Depuis 2006, Santé Canada oblige les manufacturiers de produits cosmétiques à indiquer la liste d'ingrédients sur leurs étiquettes. Ce règlement ne s'applique toutefois pas aux fragrances et aux parfums. Sous cette appellation, on peut donc regrouper une foule de composés chimiques.
Par exemple, les muscs polycycliques sont utilisés pour masquer les odeurs chimiques dans les produits dits « non parfumés ». On connaît encore peu leurs effets sur la santé et l'environnement. Ils sont facilement absorbés par la peau et s'accumulent dans les tissus graisseux. On croit entre autres qu'ils empêchent le fonctionnement de certaines pompes nécessaires pour se débarrasser des médicaments, ce qui leur permettrait de s'accumuler dans les cellules.
Certains phtalates peuvent aussi être utilisés comme fragrance et ne pas être indiqués dans la liste des ingrédients.
La conclusion?
Si on sait que certaines substances chimiques problématiques se retrouvent effectivement dans les produits cosmétiques pour bébé, on connaît moins leurs effets sur le développement de l'enfant. Les recommandations des experts sont tout aussi nébuleuses. Certains suggèrent d'éviter par précaution les produits contenant les ingrédients mentionnés plus haut. D'autres croient plutôt que les données scientifiques dont nous disposons ne sont pas suffisantes pour alarmer les parents. Par conséquent, la seule chose qui semble évidente, c'est que davantage de recherche sur le sujet sera bienvenu.
Références :
(2013) Alerte sur les lingettes et laits de toilette pour bébés.Le figaro. Consulté le 12 janvier 2014.
American Chemical Society (2013, 11 décember). Personal care products possible sources of potentially harmful parabens for babies. ScienceDaily. Consulté le 12 janvier 2014.
Bailey, J. (2008) Baby products and phthalates. Pediatrics. 122(3):674-5; author reply 675. doi: 10.1542/peds.2008-1311.
Braun JM, Sathyanarayana S, Hauser R. (2013) Phthalate exposure and children's health. Curr Opin Pediatr. 25(2):247-54. doi: 10.1097/MOP.0b013e32835e1eb6.
Brown, D. (2009) Review Finds Modest Risk From Children's Toiletries. The Washington Post. consulté le 12 janvier 2004.
Environmental Working Group.(2007, 1er novembre) Children Exposed Daily to Personal Care Products With Chemicals Not Found Safe For Kids. Communiqué de presse.Consulté le 12 janvier 2014.
Fondation David Suzuki. (n.d.) La réglementation canadienne des produits cosmétiques a besoin de se refaire une beauté. Consulté le 12 janvier 2014.
Kay, J. and Environmental Health News. (2013) Johnson & Johnson Removes Some Chemicals from Baby Shampoo, Other Products. Scientific American. Consulté en ligne le 12 janvier 2014.
Potera, C. (2007) Chemical Exposures: The Sweet Scent on Baby’s Breath? Environ Health Perspect. 2007 October; 115(10): A491.
Sathyanarayana S, Karr CJ, Lozano P, Brown E, Calafat AM, Liu F, Swan SH. (2008) Baby care products: possible sources of infant phthalate exposure. Pediatrics. 121(2):e260-8. doi: 10.1542/peds.2006-3766.
Yale Medical Group. (n. d.) How Safe Are Cosmetics and Personal Care Products? Consulté le 12 janvier 2014.
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4 novembre 2013
Question de la semaine : Les aliments bio et la santé des tout-petits
Aujourd'hui, je parle d'un sujet proposé par Geneviève Courchesne : « Ça ne me surprendrait pas que l'exposition aux pesticides et autres polluants modernes, surtout chez les enfants en bas âge, augmente les risques de développer des allergies alimentaires, mais je n'ai jamais rien lu de scientifiquement convainquant ou concluant à ce sujet... »
L'offre d'aliments bio est en pleine expansion. Pour les parents, cette nouvelle vision de l'alimentation peut être une source de questions. Bien sûr, ils veulent offrir le meilleur à leur enfant et les protéger de certains contaminants. Cependant, les produits bio sont aussi plus dispendieux. Alors, font-ils réellement une différence sur le développement des tout-petits? La réponse est plus complexe qu'il n'y paraît.
De façon étonnante, il existe très peu d'études sur l'impact de la consommation de nourriture bio sur la santé et celles qu'on trouve ne sont pas de très bonne qualité. D'une part, pour obtenir des éclaircissements, les enfants qui mangent bio devraient être étudiés sur une très longue période de temps. D'autre part, les expérimentateurs devraient s'assurer de bien contrôler l'alimentation des participants à l'étude. Enfin, les scientifiques auraient surtout à s'entendre sur la définition d'un aliment bio.
Règle générale, on dit qu'une culture est bio si l'agriculteur ou l'éleveur évite les fertilisants synthétiques, les pesticides, les régulateurs de croissance et les additifs alimentaires pour le bétail. Il privilégie donc la rotation des cultures, le fumier animal ou végétal, le désherbage manuel et le contrôle biologique des ravageurs. Cependant, au-delà de ces principes de base, les normes de culture biologique varient d'un pays à l'autre et les études les définissent mal.
L'interprétation des résultats s'avère alors ardue lorsque vient le temps d'évaluer l'impact de l'alimentation bio sur la santé.
Les chercheurs semblent toutefois s'entendre sur le fait que les aliments cultivés biologiquement contiennent moins de résidus de pesticides que ceux cultivés avec des méthodes conventionnelles, le risque de contamination étant diminué par 32 % pour un aliment bio. Par conséquent, seulement 7 % des produits bio renferment des résidus de pesticides alors qu'on parle plutôt de 38 % pour les aliments conventionnels. Si ces données encouragent la consommation d'aliments bio, il est toutefois bon de savoir que les niveaux de contaminants mesurés dans les aliments conventionnels demeurent tout de même sous les normes de sécurité établies par les gouvernements.
Un autre aspect à évaluer : ces contaminants sont-ils absorbés par le système digestif de l'enfant? D'après une étude réalisée sur des tout-petits, ceux à qui on demande de manger exclusivement des aliments bio pendant 5 jours connaissent une diminution des niveaux de pesticides détectés dans leur urine. Mettons toutefois ces résultats en perspective. Selon d'autres études, l'utilisation d'insecticides à la maison influence beaucoup plus l'exposition aux contaminants que l'alimentation.
On sait donc que les aliments bio contiennent moins de résidus de pesticides et que les enfants qui en consomment sont légèrement moins exposés à ces contaminants. Toutefois, cela a-t-il un impact sur leur santé?
Pour l'instant, il est impossible de le dire, sauf pour le développement des allergies. Selon deux études, la consommation d'aliments bio n'agit pas sur l'eczéma, la respiration sifflante ou les niveaux d'IgE, les anticorps responsables des allergies.
La seule exception : les produits laitiers bio. Selon les scientifiques, la consommation de lait bio diminuerait le risque d'eczéma à 2 ans. Cet effet pourrait s'expliquer par l'ingestion de microbes non infectieux qui favoriserait le développement d'une bonne flore bactérienne. D'autres experts suggèrent aussi que l'abondance d'antioxydants et de certains acides gras dans les produits bio pourrait protéger les tissus de l'oxydation et de l'inflammation.
Il reste donc encore beaucoup de travail à faire pour bien comprendre l'impact de l'alimentation bio sur la santé des enfants. En attendant, n'oublions pas que ce courant alimentaire est plus qu'une tentative de diminuer les contaminants dans les aliments. C'est aussi une autre façon de voir l'alimentation et la production alimentaire. Les débats sur le sujet ne font que commencer!
Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le développement de l'enfant? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse. (N'étant pas médecin, il ne m'est pas possible de répondre à des questions médicales sur l'état de santé d'une mère ou d'un bébé. Si vous éprouvez des inquiétudes à ce sujet, contactez plutôt un professionnel de la santé.)
L'offre d'aliments bio est en pleine expansion. Pour les parents, cette nouvelle vision de l'alimentation peut être une source de questions. Bien sûr, ils veulent offrir le meilleur à leur enfant et les protéger de certains contaminants. Cependant, les produits bio sont aussi plus dispendieux. Alors, font-ils réellement une différence sur le développement des tout-petits? La réponse est plus complexe qu'il n'y paraît.
De façon étonnante, il existe très peu d'études sur l'impact de la consommation de nourriture bio sur la santé et celles qu'on trouve ne sont pas de très bonne qualité. D'une part, pour obtenir des éclaircissements, les enfants qui mangent bio devraient être étudiés sur une très longue période de temps. D'autre part, les expérimentateurs devraient s'assurer de bien contrôler l'alimentation des participants à l'étude. Enfin, les scientifiques auraient surtout à s'entendre sur la définition d'un aliment bio.
Règle générale, on dit qu'une culture est bio si l'agriculteur ou l'éleveur évite les fertilisants synthétiques, les pesticides, les régulateurs de croissance et les additifs alimentaires pour le bétail. Il privilégie donc la rotation des cultures, le fumier animal ou végétal, le désherbage manuel et le contrôle biologique des ravageurs. Cependant, au-delà de ces principes de base, les normes de culture biologique varient d'un pays à l'autre et les études les définissent mal.L'interprétation des résultats s'avère alors ardue lorsque vient le temps d'évaluer l'impact de l'alimentation bio sur la santé.
Les chercheurs semblent toutefois s'entendre sur le fait que les aliments cultivés biologiquement contiennent moins de résidus de pesticides que ceux cultivés avec des méthodes conventionnelles, le risque de contamination étant diminué par 32 % pour un aliment bio. Par conséquent, seulement 7 % des produits bio renferment des résidus de pesticides alors qu'on parle plutôt de 38 % pour les aliments conventionnels. Si ces données encouragent la consommation d'aliments bio, il est toutefois bon de savoir que les niveaux de contaminants mesurés dans les aliments conventionnels demeurent tout de même sous les normes de sécurité établies par les gouvernements.
Un autre aspect à évaluer : ces contaminants sont-ils absorbés par le système digestif de l'enfant? D'après une étude réalisée sur des tout-petits, ceux à qui on demande de manger exclusivement des aliments bio pendant 5 jours connaissent une diminution des niveaux de pesticides détectés dans leur urine. Mettons toutefois ces résultats en perspective. Selon d'autres études, l'utilisation d'insecticides à la maison influence beaucoup plus l'exposition aux contaminants que l'alimentation.
On sait donc que les aliments bio contiennent moins de résidus de pesticides et que les enfants qui en consomment sont légèrement moins exposés à ces contaminants. Toutefois, cela a-t-il un impact sur leur santé?
Pour l'instant, il est impossible de le dire, sauf pour le développement des allergies. Selon deux études, la consommation d'aliments bio n'agit pas sur l'eczéma, la respiration sifflante ou les niveaux d'IgE, les anticorps responsables des allergies.
La seule exception : les produits laitiers bio. Selon les scientifiques, la consommation de lait bio diminuerait le risque d'eczéma à 2 ans. Cet effet pourrait s'expliquer par l'ingestion de microbes non infectieux qui favoriserait le développement d'une bonne flore bactérienne. D'autres experts suggèrent aussi que l'abondance d'antioxydants et de certains acides gras dans les produits bio pourrait protéger les tissus de l'oxydation et de l'inflammation.
Il reste donc encore beaucoup de travail à faire pour bien comprendre l'impact de l'alimentation bio sur la santé des enfants. En attendant, n'oublions pas que ce courant alimentaire est plus qu'une tentative de diminuer les contaminants dans les aliments. C'est aussi une autre façon de voir l'alimentation et la production alimentaire. Les débats sur le sujet ne font que commencer!
Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le développement de l'enfant? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse. (N'étant pas médecin, il ne m'est pas possible de répondre à des questions médicales sur l'état de santé d'une mère ou d'un bébé. Si vous éprouvez des inquiétudes à ce sujet, contactez plutôt un professionnel de la santé.)
Références :
Williams CM. Nutritional quality of organic food: shades of grey or shades of green? Proc Nutr Soc. 2002 Feb;61(1):19-24.
Smith-Spangler C, Brandeau ML, Hunter GE, Bavinger JC, Pearson M,
Eschbach PJ, Sundaram V, Liu H, Schirmer P, Stave C, Olkin I, Bravata
DM. (2012) Are organic foods safer or healthier than conventional alternatives?: a systematic review. Ann Intern Med. 2012 Sep 4;157(5):348-66. doi: 10.7326/0003-4819-157-5-201209040-00007.
Kummeling I, Thijs C, Huber M, van de Vijver LP, Snijders BE, Penders J, Stelma F, van Ree R, van den Brandt PA, Dagnelie PC. Consumption of organic foods and risk of atopic disease during the first 2 years of life in the Netherlands. Br J Nutr. 2008 Mar;99(3):598-605. Epub 2007 Aug 29.
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23 août 2013
La transmission des allergies pendant la grossesse
L'effet est connu depuis un certain temps : les parents allergiques ont davantage d'enfants souffrant d'allergies ou d'asthme. Si certains gènes sont responsables de cette prédisposition, l'environnement dans lequel se développe le fœtus pourrait également avoir un rôle à jouer.
Des chercheurs ont en effet remarqué que certaines caractéristiques des mères asthmatiques influençaient le développement du système immunitaire de l'enfant. Selon l'étude réalisée en Chine, le sang de ces femmes contiendrait une quantité plus élevée de nitrotyrosine (NT).
La NT participe aux réactions de défense de l'organisme, mais cause malheureusement des dommages aux cellules. Par conséquent, lorsque cette molécule abonde, on dit que l'environnement est irritant, un phénomène appelé stress oxydatif. De plus, la présence de NT ne se limiterait pas au sang de la mère, mais se retrouverait aussi dans le sang du cordon ombilical, selon les scientifiques.
Le stress oxydatif dans l'environnement de l'enfant aurait un impact sur le système immunitaire de celui-ci. L'étude a en effet révélé que plus le stress oxydatif était important, plus certaines cellules responsables des allergies, les basophiles, étaient actives. Les chercheurs concluent donc que lorsqu'une mère souffre d'asthme, le fœtus est exposé au stress oxydatif et que cette situation pourrait contribuer au développement des maladies allergiques.
Il ne s'agit pas de la première étude faisant un lien entre le stress oxydatif pendant la grossesse et le développement de certains types d'allergies chez l'enfant. Par exemple, des chercheurs britanniques ont remarqué que la prise d'antioxydants comme la vitamine E par les femmes enceintes souffrant d'allergies diminuait la fréquence de l'eczéma et des troubles respiratoires chez leurs enfants
Ces deux études permettent donc de jeter un peu de lumière sur le développement des allergies chez les tout-petits. Ces résultats ouvriront peut-être la porte à des traitements préventifs pendant la grossesse pour en diminuer la fréquence.
Des chercheurs ont en effet remarqué que certaines caractéristiques des mères asthmatiques influençaient le développement du système immunitaire de l'enfant. Selon l'étude réalisée en Chine, le sang de ces femmes contiendrait une quantité plus élevée de nitrotyrosine (NT).
La NT participe aux réactions de défense de l'organisme, mais cause malheureusement des dommages aux cellules. Par conséquent, lorsque cette molécule abonde, on dit que l'environnement est irritant, un phénomène appelé stress oxydatif. De plus, la présence de NT ne se limiterait pas au sang de la mère, mais se retrouverait aussi dans le sang du cordon ombilical, selon les scientifiques. Le stress oxydatif dans l'environnement de l'enfant aurait un impact sur le système immunitaire de celui-ci. L'étude a en effet révélé que plus le stress oxydatif était important, plus certaines cellules responsables des allergies, les basophiles, étaient actives. Les chercheurs concluent donc que lorsqu'une mère souffre d'asthme, le fœtus est exposé au stress oxydatif et que cette situation pourrait contribuer au développement des maladies allergiques.
Il ne s'agit pas de la première étude faisant un lien entre le stress oxydatif pendant la grossesse et le développement de certains types d'allergies chez l'enfant. Par exemple, des chercheurs britanniques ont remarqué que la prise d'antioxydants comme la vitamine E par les femmes enceintes souffrant d'allergies diminuait la fréquence de l'eczéma et des troubles respiratoires chez leurs enfants
Ces deux études permettent donc de jeter un peu de lumière sur le développement des allergies chez les tout-petits. Ces résultats ouvriront peut-être la porte à des traitements préventifs pendant la grossesse pour en diminuer la fréquence.
Références:
Ling Y, Yin-Shi G, Hong-Wei S, Yan Z, Qiang L, Ye T, Ying X. (2013) Oxidative stress status in umbilical cord blood from neonates born to mothers with atopic asthma. J Matern Fetal Neonatal Med. 2013 Jul 9. [Epub ahead of print]
Martindale, S., McNeill, G., Devereux, G., Campbell, D., Russell, G., and A. Seaton (2005) Antioxidant Intake in Pregnancy in Relation to Wheeze and Eczema in the First Two Years of Life, American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, Vol. 171, No. 2, pp. 121-128.
7 juin 2013
Donne-moi ta suce, voyons n'aie pas peur....
Plus de 600 groupes différents de bactéries habitent notre bouche. Lors d'un transfert de salive d'un individu à l'autre, il peut donc y avoir d'importants changements au niveau de la flore bactérienne buccale. Par exemple, lorsqu'un parent nettoie la suce de son enfant en la mettant dans sa propre bouche, on peut supposer que certains microbes en profiteront pour s'installer dans la bouche du bébé. Des chercheurs ont voulu savoir l'impact de ce geste et ont fait une découverte intéressante: ce comportement pourrait offrir une protection contre le développement des allergies.
Les scientifiques ont ainsi rencontré 206 bébés et ont interrogé les parents sur la façon dont ils nettoyaient la suce de leur enfant. Environ 50 % de ceux-ci utilisaient effectivement leur bouche pour la nettoyer. Les chercheurs ont alors remarqué que chez les bébés dont le parent suçait la suce pour la nettoyer, il y avait une forte réduction de l'eczéma et de l'asthme à 18 mois. De plus, le nombre d'éosinophiles, des cellules impliquées dans les allergies, était plus bas chez ces enfants.
Selon les scientifiques, ce phénomène pourrait s'expliquer par des changements dans la flore microbienne buccale des bébés étudiés. Pour confirmer cette hypothèse, ils ont donc analysé le type de bactéries se trouvant dans la bouche des nourrissons et ils ont en effet découvert que les bébés dont les parents suçaient la suce avec une flore très différente de celle des autres bébés.
Ces résultats vont donc dans le même sens que l'une des hypothèses les plus courantes pour expliquer la hausse des cas d'allergies qu'on observe depuis quelques temps.
Selon cette hypothèse, l'exposition réduite aux microbes chez les enfants augmenteraient les risques de développer des allergies. On sait d'ailleurs que plusieurs facteurs sont associés à une moins grande fréquence d'allergie: promiscuité, familles nombreuses, contact avec des animaux et exposition aux microbes dans la nourriture. De plus, on remarque aussi que la flore intestinale des nouveau-nés se développent moins, notamment en raison de la hausse du taux de césarienne, ce qui contribue également à l'apparition des allergies.
En conclusion, les chercheurs proposent que la flore microbienne enverrait des signaux essentiels pour la maturation du système immunitaire. Pour cette raison, lorsqu'un parent nettoie la suce de son bébé avec sa bouche, il permet le transfert de bactéries et donc la formation d'une flore microbienne complexe qui pourra jouer ce rôle mais aussi empêcher la colonisation de l'enfant par des bactéries pathogènes. Comme quoi l'idée de stériliser tout ce qui entre en contact avec un enfant n'est pas nécessairement une bonne chose.
Pour en savoir plus sur le développement de la flore microbienne du bébé:
Accouchement, allaitement et bactéries...
Asthme, allergie et césariennes: un sujet complexe
Le lait maternel, une bonne source de probiotiques!
Référence:
Hesselmar, B., Sjöberg, F., Saalman, R., Åberg, N., Adlerberth, I., and A. E. WoldPacifier. (2013) Cleaning Practices and Risk of Allergy Development. Pediatrics 131:6 e1829-e1837; published ahead of print May 6, 2013, doi:10.1542/peds.2012-3345
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2 avril 2013
Question de la semaine: Comment les protéines du lait de vache peuvent-elles passer dans le lait maternel?
Aujourd'hui, je réponds à la question de Anne-Laure Zilliox: "Comment les protéines de lait de vache passent elles dans le lait maternel?"
On croit qu'un certain nombre de bébés affectés par les coliques connaissent en fait une inflammation de l'intestin causée par une réaction allergique aux protéines du lait de vache. On estime qu'environ 0,5% des bébés allaités exclusivement souffrent de cette condition. Puisque pour développer une allergie, il faut avoir été exposé à l'allergène d'une façon ou d'une autre, on croit donc que certains allergènes alimentaires pourraient être transférés à l'enfant via le lait maternel.
Cela est particulièrement vrai dans le cas des protéines du lait de vache. Par exemple, on peut identifier de l'alpha-S1-caséine bovine dans le colostrum de certaines mères. Par ailleurs, dans une autre étude, on a retrouvé de la beta-lactoglobuline bovine dans le lait de 75 % des mères, une à deux heures après la consommation de lait de vache. Par contre, dans le lait maternel de 15 % des mères, aucune beta-lactoglobuline bovine ne pouvait être détectée. Il semble donc que la consommation de lait de vache ne se traduise pas automatiquement par la présence de ses protéines le lait maternel.
Cependant, on a remarqué que, chez les enfants allergiques au lait de vache, on peut retrouver aussi des anticorps contre de très petites portions de protéines du lait humain. Cela veut donc dire que ces enfants présentent une réaction allergique au lait de leur mère. Les chercheurs croient toutefois que ce phénomène pourrait être en fait une réaction croisée. C'est-à-dire que lorsque le bébé est mis en contact avec des protéines du lait de vache, son système immunitaire se met à produire des anticorps contre celles-ci. Par la suite, puisque certaines protéines du lait maternel sont similaires à quelques protéines du lait de vache, le bébé réagit aux protéines humaines également. Bien entendu, un premier contact avec du lait de vache est nécessaire à cette réaction.
On peut toutefois se demander comment des protéines de lait de vache se retrouvent dans le lait maternel. Il existe malheureusement peu d'information sur le sujet. Il est toutefois possible de proposer certaines théories en se basant sur les connaissances que nous avons sur le passage des médicaments dans le lait.
Dans les premiers jours suivant la
naissance du bébé, plusieurs molécules peuvent passer facilement dans le lait puisque les cellules qui séparent le sang de la mère du lait qu'elle produit ne forment pas encore une barrière étanche. Par la suite, lorsque le passage entre les deux liquides se referme, on sait que certains médicaments peuvent tout de même passer du sang vers le lait en traversant les membranes des cellules. Comme les membranes sont constituées de graisses, pour pouvoir traverser, les protéines doivent y être solubles et de petite dimension. Par conséquent, de petites portions de protéines du lait de vache pourraient traverser ainsi dans le lait maternel. On a aussi remarqué que plus une molécule est en grande quantité dans le sang de la mère, plus la concentration sera élevée dans le lait maternel.
C'est ce qui nous amène à nous demander comment des protéines intactes du lait de vache peuvent se retrouver dans le sang de la mère. En effet, normalement, l'intestin est une barrière sélective. En d'autres mots, il laisse passer dans le sang les nutriments digérés mais bloque l'entrée des grosses molécules comme les allergènes. Cependant, il peut arriver que cette barrière soit endommagée et laisse subitement passer des molécules qui ne passent habituellement pas. Ce mauvais fonctionnement de l'intestin, qui est d'ailleurs associé à certaines maladies, pourrait expliquer que certaines mères se retrouvent avec des protéines de lait de vache dans leur lait après avoir consommé des produits laitiers. Par ailleurs, on sait que le bon fonctionnement de l'intestin peut être influencé par l'alimentation et la flore intestinale.
Lorsqu'un bébé semble réagir aux produits laitiers que sa mère consomme, on suggère habituellement à la mère de cesser d'en manger pour environ six mois. Un nouveau traitement encore peu utilisé consiste à administrer à la mère des enzymes brisant les protéines, comme on utilise pour les malades souffrant de fibrose kystique. En digérant plus complètement les protéines du lait de vache, celles-ci risquent moins de se retrouver dans le lait maternel.
Enfin, une nouvelle approche encore peu documentée consisterait à traiter les intestins de la mère pour qu'ils fonctionnent mieux et ne laissent plus passer des protéines entières dans le sang. Cela peut se faire entre autre par des modifications de l'alimentation de la mère.
En conclusion, chez certaines mères, des protéines du lait de vache peuvent se rendre dans le lait maternel et causer de l'inconfort chez un bébé susceptible aux allergies. Heureusement, il existe des stratégies pour soulager le bébé tout en continuant l'allaitement.
En conclusion, chez certaines mères, des protéines du lait de vache peuvent se rendre dans le lait maternel et causer de l'inconfort chez un bébé susceptible aux allergies. Heureusement, il existe des stratégies pour soulager le bébé tout en continuant l'allaitement.
Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le développement de l'enfant? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse.
Références:
Walker, Marsha
(2010). Breastfeeding Management For The Clinician: Using The Evidence. Jones & Bartlett
Learning. Kindle Edition.
Greer FR, Sicherer SH, Burks AW; American Academy of Pediatrics Committee on Nutrition; American Academy of Pediatrics Section on Allergy and Immunology. (2008) Effects of early nutritional interventions on the development of atopic disease in infants and children: the role of maternal dietary restriction, breastfeeding, timing of introduction of complementary foods, and hydrolyzed formulas. Pediatrics. 121(1):183-91. doi: 10.1542/peds.2007-3022.
Greer FR, Sicherer SH, Burks AW; American Academy of Pediatrics Committee on Nutrition; American Academy of Pediatrics Section on Allergy and Immunology. (2008) Effects of early nutritional interventions on the development of atopic disease in infants and children: the role of maternal dietary restriction, breastfeeding, timing of introduction of complementary foods, and hydrolyzed formulas. Pediatrics. 121(1):183-91. doi: 10.1542/peds.2007-3022.
Järvinen KM, Geller L, Bencharitiwong R, Sampson HA. Presence of functional, autoreactive human milk-specific IgE in infants with cow's milk allergy. Clin Exp Allergy. 2012 Feb;42(2):238-47. doi: 10.1111/j.1365-2222.2011.03864.x. Epub 2011 Sep 21.
Denis M, Loras-Duclaux I, Lachaux A. (2012) Sensibilisation et allergie aux protéines du lait de vache chez l’enfant allaité. Arch Pediatr. 19(3):305-12. doi: 10.1016/j.arcped.2011.12.002. Epub 2012 Jan 4.
Coscia A, Orrù S, Di Nicola P, Giuliani F, Varalda A, Peila C, Fabris C, Conti A, Bertino E. (2012) Detection of cow's milk proteins and minor components in human milk using proteomics techniques. J Matern Fetal Neonatal Med. 25 Suppl 4:54-6. doi: 10.3109/14767058.2012.715015.
Sorva R, Mäkinen-Kiljunen S, Juntunen-Backman K. Beta-lactoglobulin secretion in human milk varies widely after cow's milk ingestion in mothers of infants with cow's milk allergy. J Allergy Clin Immunol. 1994 Apr;93(4):787-92.
Hale, T. H. (2012). Medications and Mothers’ Milk. Amarillo: Hale Publishing
Riordan, J., & Wambach, K. (2010). Breastfeeding and Human Lactation (4th
ed.). Sudbury: Jones and Bartlett.
Businco L, Bruno G, Giampietro PG. (1999) Prevention and management of food allergy.
Acta Paediatr Suppl. 88(430):104-9.
Ulluwishewa D, Anderson RC, McNabb WC, Moughan PJ, Wells JM, Roy NC. (2011) Regulation of tight junction permeability by intestinal bacteria and dietary components. J Nutr. 141(5):769-76. doi: 10.3945/jn.110.135657. Epub 2011 Mar 23.
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