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6 avril 2015

Les hormones et la vie de couple

Ils forment un couple monogame et ils s'impliquent tous les deux pour s'occuper de leur petit. Non, je ne parle pas de parents québécois. Il s'agit plutôt des singes tamarins à crête blanche. En raison de leur fonctionnement familial qui s'approche de celui des humains, les scientifiques les étudient pour mieux comprendre le rôle des hormones dans le comportement. Les tamarins ont d'ailleurs permis à des chercheurs américains de faire un lien entre la vie de couple et la prolactine.

La prolactine est une hormone bien connue pour son influence pendant l'allaitement. Selon les auteurs, cette molécule serait aussi impliquée dans les comportements sexuels des tamarins. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont mesuré les niveaux de prolactine dans l'urine des singes et ont analysé leur comportement. Ils ont ainsi observé que plus un singe avait de nombreux comportements sexuels, plus la quantité de prolactine était élevée. C'était également le cas pour les comportements sociaux comme se blottir ou prendre soin de l'autre. Par ailleurs, les mères tamarins avaient moins de comportements sexuels que les autres femelles et avaient aussi des niveaux de prolactine plus bas.

La prolactine : une récompense pour les bons comportements?
Des études ont démontré un lien entre certains comportements sociaux et la prolactine. Par exemple, les ouistitis mâles ont des niveaux plus élevés de prolactine après avoir porté un tout-petit. Est-ce que cela signifie que la prolactine pousse les couples à avoir des rapports sexuels ou les parents à prendre soin de leurs enfants? Pas directement. D'abord, chez l'humain, la prolactine est produite après l'orgasme et non pas avant la relation sexuelle. Ensuite, des expériences réalisées sur les ouistitis ont démontré que le fait de bloquer la production de prolactine n'affectait pas le comportement des pères.

Les chercheurs américains proposent une autre explication. Selon eux, les comportements sexuels ou parentaux stimuleraient la sécrétion de prolactine qui causerait alors une certaine sensation de plaisir ou de bien-être dans le cerveau. La prolactine servirait donc à récompenser les comportements sociaux nécessaires à la survie de l'espèce. Se reproduire et prendre soin des petits en feraient partie.

Après l'ocytocine, c'est maintenant au tour de la prolactine de faire son entrée dans la grande famille des hormones qui manipulent nos comportements. Les chercheurs vont jusqu'à proposer que les niveaux de prolactine chez un mâle et une femelle puissent prédire la proximité au sein du couple. Pas si mal pour une hormone qu'on pensait impliquée seulement dans l'allaitement!

- Ce texte a également été publié sur le site de l'Agence Science-Presse.

Pour en savoir plus sur l'effet des hormones sur notre comportement:
Les différents visages de l'ocytocine : le cas des pleurs d'un bébé
Le co-dodo et la testostérone

Sources:
Berridge KC, Robinson TE, Aldridge JW. (2009) Dissecting components of reward: 'liking', 'wanting', and learning. Curr Opin Pharmacol. 9(1):65-73.

Snowdon CT, Ziegler TE. Variation in prolactin is related to variation in sexual behavior and contact affiliation. PLoS One. 2015 Mar 23;10(3):e0120650.

University of Wisconsin-Madison. (2015, April 3). "Hormone fosters bond between parents." Medical News Today.

17 octobre 2013

Est-ce que la césarienne protège la sexualité?

Est-ce qu'une césarienne contribuera à préserver votre vie sexuelle? L'accouchement vaginal est-il à éviter pour demeurer satisfaite? Pas du tout, répond une équipe de chercheurs de l'Université de Californie à San Francisco (UCSF).

Les scientifiques américains ont interrogé 1094 femmes de plus de 40 ans sur leur vie intime. Le but: en apprendre davantage sur le niveau de leur désir, sur la fréquence de leurs relations sexuelles et sur leur satisfaction générale en la matière. Pour participer au sondage, ces femmes devaient avoir accouché d'au moins un enfant.

D'après les réponses des participantes, l'accouchement vaginal n'est pas plus responsable de difficultés sexuelles que la césarienne. De plus, le nombre d'enfants ne semble pas être un facteur important pour prédire la qualité de la sexualité. En fait, seul l'utilisation de forceps ou de la ventouse lors de l'accouchement affecterait le désir.

Certaines études antérieures avaient pourtant étudié l'effet à court terme de l'accouchement sur la vie sexuelle et avaient conclu que l'accouchement vaginal diminuait les fonctions sexuelles. Les résultats de l'équipe de l'UCSF indiqueraient donc que ces impacts seraient temporaires.

Cette étude comporte toutefois une lacune importante : elle ne compare pas la vie sexuelle de ces femmes à d'autres qui n'auraient pas eu d'enfant. Cependant, en 2006, des chercheurs de l'Illinois avaient analysé des couples de jumelles dont l'une avait vécu au moins une grossesse et l'autre non. Ils avaient alors remarqué que les femmes sans enfant rapportaient une plus grande satisfaction sexuelle que leur sœur. Cette satisfaction s'expliquait davantage par des facteurs psychologiques que par des facteurs physiques, selon les scientifiques.

Par conséquent, pour avoir une sexualité épanouie, il n'est pas nécessaire de s'inquiéter de son accouchement.

Pour en savoir plus:
Les relations sexuelles peuvent-elles provoquer le travail?
Les césariennes à la demande de la mère: symptôme d'un système à changer

Références :
Rush-Monroe, K. (2013) Childbirth Not Significant Contributor to Later Sexual Dysfunction. University of California, San Francisco (UCSF). Consulté le 15 octobre 2013.
http://www.ucsf.edu/news/2013/10/109566/childbirth-not-significant-contributor-later-sexual-dysfunction

Fehniger JE, Brown JS, Creasman JM, Van Den Eeden SK, Thom DH, Subak LL, Huang AJ. (2013) Childbirth and Female Sexual Function Later in Life. Obstet Gynecol. 2013 Oct 7. [Epub ahead of print]

Botros SM, Abramov Y, Miller JJ, Sand PK, Gandhi S, Nickolov A, Goldberg RP. (2006) Effect of parity on sexual function: an identical twin study. Obstet Gynecol. 107(4):765-70.