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1 janvier 2015

De la confiance sur Internet aux bactéries dans l'utérus: revue de presse du 1er janvier 2015

En 2015, Maman Éprouvette vous proposera chaque semaine une revue de presse sur la périnatalité. Pour commencer l'année, voici quelques textes qui ont capté mon attention en 2014.

La confiance entre mères sur Internet
En collaborant au livre La promotion de l'allaitement au Québec, regards critiques, je me suis penchée sur la façon dont les mères participent à la promotion de l'allaitement sur les médias sociaux. J'étais particulièrement intéressée par la relation de confiance qui s'établit entre ces femmes sur Facebook. Cette observation serait aussi pertinente du côté du marketing selon une nouvelle étude australienne. En effet, celle-ci confirme que les nouvelles mères se fient de plus en plus à leurs « amies » des réseaux sociaux quand vient le temps d'acheter certains produits.
Mums trust mums on the net: Australian study

Vers de nouvelles recommandations pour le partage de lit?

Au Canada et aux États-Unis, les recommandations officielles faites aux parents au sujet du sommeil des bébés sont sans équivoque : éviter le partage de lit. Des experts s'interrogent toutefois sur les effets pervers de ces messages qui manquent de nuances. Dans cet article publié en décembre 2014, Dre Melissa Bartick explique pourquoi l'Académie américaine de pédiatrie devrait repenser sa position. Cet article a ensuite été suivi d'un deuxième qui aborde les facteurs à considérer pour assurer la sécurité du sommeil d'un bébé.
Pediatric Politics: How Dire Warnings Against Infant Bed Sharing ‘Backfired’
Five Things You Need To Know About Sharing A Bed With Your Infant

Attention à ne pas blâmer les mères
Le thème de l'épigénétique, c'est-à-dire l'impact des premières expériences sur la vie des individus, est très à la mode. S'agit-il toutefois d'une nouvelle façon de toujours blâmer davantage les mères? Dans un commentaire publié dans la revue Nature en août 2014, Sarah S. Richard et ses collègues expliquent comment une mauvaise interprétation de la recherche peut avoir des conséquences malheureuses pour les femmes.
Society: Don't blame the mothers

Des bactéries dans l'utérus?
Dans cet article passionnant sur les microorganismes qui nous habitent, l'équipe de la revue The Scientist décrit le microbiome maternel. Alors qu'on croyait avant que le fœtus venait au monde complètement stérile, les scientifiques savent maintenant que certaines bactéries colonisent le bébé in utero.
The Body’s Ecosystem : The Maternal Microbiome

21 juillet 2014

Questionnement, suivi prénatal et Internet : qu'en pensent les femmes francophones?

Le suivi prénatal des femmes françaises et québécoises leur permet-il de trouver des réponses à leurs questions sur la grossesse? Que pensent ces futures mères des renseignements disponibles sur Internet? Voici les résultats de mon petit sondage maison, inspiré par une étude américaine réalisée en Pennsylvanie.

Selon les répondantes au sondage, leurs deux principales sources d'information pendant la grossesse sont la personne assurant leur suivi et les sites web traditionnels.

Le suivi prénatal
Dans l'ensemble, les mères sondées estiment que le professionnel qui effectue leur suivi de grossesse répond bien à leur besoin d'information.

Cependant, lorsqu'on compare les réponses des femmes françaises à celles des femmes québécoises, on remarque que la satisfaction est plus grande de ce côté de l'Atlantique.


En comparant le type de suivi de grossesse, on remarque que certains professionnels sont plus efficaces que d'autres pour répondre aux questions de leurs patientes. En effet, les sages-femmes offriraient davantage d'information que les médecins en général et ce sont les gynécologues-obstétriciens qui suscitent le plus de commentaires négatifs.




L'information sur Internet
La grande majorité des mères interrogées utilisent Internet et les médias sociaux plusieurs fois par semaine pour trouver des réponses à leurs questions sur la grossesse.



Bien qu'une plus grande proportion de ces femmes soient ambivalentes sur la qualité de l'information se trouvant sur Internet et les médias sociaux, elles sont quand même satisfaites du degré de fiabilité des renseignements qui s'y trouvent.



Les femmes enceintes ne semblent donc pas partager l'opinion de certains professionnels de la santé qui s’inquiètent de la qualité de l’information qui se retrouve sur Internet. Pourtant, plusieurs études réalisées sur les sites médicaux traditionnels ont conclu que dans bien des cas l’information véhiculée peut être trompeuse ou en contradiction avec certaines recommandations du monde médical.

En somme, pour les mères interrogées, le suivi prénatal et Internet sont des ressources complémentaires leur permettant de trouver de l'information dont elles ont besoin. D'ailleurs, lorsqu'on leur demande sous quelle forme elles souhaitent en savoir plus, elles disent préférer les conversations avec un professionnel ou les sites web.



En plus d'être affiché sur le blogue Maman Éprouvette, le lien du sondage a été abondamment partagé dans les médias sociaux. Le questionnaire était accessible du 10 au 17 juillet 2014. En tout, 69 femmes y ont répondu, majoritairement en provenance du Québec et de la France. 

Références :
Ernst, E. Schmidt, K. (2002) Health risks over the Internet: advice offered by “medical herbalists” to a pregnant woman. Wiener Medizinische Wochenschrift, 7-8 : 190-192.

Eysenbach, G., Powell, J., Kuss, O., Sa, E.R. (2002) Empirical studies assessing the quality of health information for consumers on the world wide web: a systematic review. JAMA, 20 : 2691-700.

Hardwick, J., Mackenzie, F. (2002) Information contained in miscarriage-related websites and the predictive value of website scoring systems. European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology. 106 : 60-63.

10 juillet 2014

À la recherche d'information : les femmes enceintes sur Internet

Chères lectrices qui cherchez des réponses à vos questions sur Internet, il semble que vous ne soyez pas seules. Une petite étude réalisée en Pennsylvanie révèle que les futures mamans utilisent de plus en plus l'Internet pour trouver de l'information sur la grossesse, car leur suivi prénatal ne répond pas à leurs préoccupations.

Les chercheurs américains ont invité 17 mères à discuter de leurs besoins d'information pendant la grossesse et de leur utilisation d'Internet et des médias sociaux. Malheureusement, l'évaluation qu'elles font de leur suivi prénatal n'est pas très positive.

D'une part, ces femmes croient que le premier rendez-vous de suivi a lieu trop tard pour répondre à toutes les questions qui les assaillent en début de grossesse. Aux États-Unis, les femmes rencontrent leur médecin pour la première fois à 8 semaines alors qu'au Québec, c'est un peu avant la 12e semaine.

D'autre part, les nombreuses brochures que les femmes reçoivent à ce moment ne semblent pas répondre à leurs besoins. L'information y serait insuffisante et souvent dépassée. Elle est aussi présentée sous un format qui ne rejoint pas les jeunes mères. Plutôt que des brochures, celles-ci aimeraient mieux des vidéos, des applications pour leur téléphone cellulaire ou des sites web. 

En somme, les futures mères sentent que le suivi prénatal n'est pas assez centré sur la patiente. Selon les chercheurs, il y aurait un décalage important entre ce que ces femmes veulent et ce que le milieu médical leur offre. Un fossé générationnel, quoi!

C'est pour cette raison que la majorité d'entre elles se tournent vers Internet pour s'informer. Elles ne sont toutefois pas complètement satisfaites de ce qu'elles y trouvent en raison du manque de crédibilité de plusieurs sources. L'information y est aussi plus inquiétante qu'utile selon elles. Depuis les débuts de l'Internet, des experts s'inquiètent d'ailleurs de la qualité de l'information médicale numérique.

Selon les chercheurs, les médecins doivent donc modifier le suivi prénatal pour mieux répondre aux besoins des mères, mais aussi éduquer leurs patientes pour les aider à devenir de meilleures consommatrices d'information sur Internet.

Pour ma part, je crois également que le milieu de la santé doit améliorer sa présence sur Internet et dans les médias sociaux. J'en fais d'ailleurs mention dans mon texte « Promotion de l’allaitement dans les médias sociaux : place aux mères » publié dans le livre Promotion de l'allaitement maternel au Québec : Regards critiques. Je veux toutefois souligner la qualité de l'information se trouvant sur le Portail d'information prénatal de l'Institut national de santé publique.

Enfin, je dois de mentionner qu'il s'agit d'une très petite étude et qu'il est donc impossible de déterminer si ces résultats représentent le vécu de la majorité des femmes enceintes. C'est pourquoi je vous propose de répondre à un petit sondage sans aucune prétention scientifique sur le sujet. Vous pouvez y avoir accès en cliquant sur ce lien : https://fr.surveymonkey.com/s/7BMKPS5
Je vous reviens bientôt avec les résultats!

Références :
Indivero, V. (2014, 7 juillet) Expectant moms turn to « Dr. Google » for pregnancy advice (communiqué). Eurekalert consulté le 9 juillet 2014.

Kraschnewski JL, Chuang CH, Poole ES, Peyton T, Blubaugh I, Pauli J, Feher A, Reddy M. (2014) Paging "dr. Google": does technology fill the gap created by the prenatal care visit structure? Qualitative focus group study with pregnant women. J Med Internet Res. 2014 Jun 3; 16(6) : e147. doi : 10.2196/jmir.3385.