4 juillet 2016

Tests de grossesse: histoire et efficacité

Les tests de grossesse font partie de ces objets communs que presque toutes les femmes utiliseront un jour ou l’autre. Même s’il peut sembler banal aujourd’hui de pouvoir déterminer en moins de deux minutes si une femme est enceinte, la conception des tests de grossesse a été un parcours laborieux.

Sur le site du NIH History, on retrouve des informations intéressantes sur la petite histoire des tests de grossesse. Ainsi, au quatorzième siècle avant Jésus-Christ, les Égyptiens avaient mis au point leur propre test maison. Déjà à l’époque, la procédure demandait de faire pipi sur quelque chose. C’était alors sur des graines de blé et d’orge. Si l'une des plantes poussait, la femme était enceinte.  Fait intéressant, cette méthode avait l’avantage d’établir du même coup le sexe. Si l’orge poussait, la femme était enceinte d’un garçon alors que la croissance du blé indiquait plutôt une fille.

Des scientifiques ont testé l’efficacité du blé et de l'orge pour détecter la grossesse en 1963. Ils ont alors confirmé que l’urine des femmes enceintes favorisait en effet leur croissance dans 70 % des cas. Selon eux, l’estrogène qui se retrouve en grande quantité dans l’urine pendant la grossesse pourrait être responsable du phénomène.

Par la suite, au Moyen-Âge, on mélangeait l’urine avec du vin pour déterminer si une femme est enceinte ou non. Selon les experts du NIH, cette méthode aurait pu avoir une certaine efficacité. Les médecins de la Renaissance, eux, préféraient observer la couleur et la consistance de l’urine pour se prononcer.

Les tests de grossesse modernes
Les premiers tests de grossesse tels qu’on les connaît ont fait leur apparition dans les pharmacies dans les années 1970. Depuis cette époque, le principe demeure le même. Le test détecte la présence de l’hormone hCG qui est produite par le placenta dès que l’embryon s’implante dans la paroi de l’utérus.

Dans un éditorial publié dans le journal Clinical Chemistry and Laboratory Medicine, David G. Grenache livre une réflexion intéressante sur la fiabilité des tests de grossesse.

L’efficacité des tests disponibles sur le marché varie beaucoup, déplore-t-il, puisque les fabricants sont souvent devant un dilemme. Leur test doit être suffisamment sensible pour détecter rapidement la grossesse sans toutefois générer un faux positif lors d’une fausse couche qui a lieu très peu de temps après la fécondation, explique David G. Grenache.

Par ailleurs, l’efficacité des tests de grossesse vantée par les fabricants est rarement exacte. Selon certaines études, ils sont soit plus sensibles, soit moins sensibles que ce qui est écrit sur l’emballage. C’est pourquoi David G. Grenache souhaiterait que les limites de détection de ces tests soient standardisées. Un test peu fiable pourrait en effet avoir des répercussions négatives. Par exemple, un résultat faussement négatif pourrait exposer le bébé à des substances nocives (ex. : l’alcool ou le tabac) puisque la femme enceinte ne modifiera pas ses habitudes de vie adéquatement.

Pour en savoir plus sur le fonctionnement des tests de grossesse, sur leur efficacité et la façon de les utiliser, je vous invite à consulter la fiche que j’ai rédigée sur le sujet pour le site Naître et grandir : Les tests de grossesse.


Références:
NIH History. A Thin-Blue Line: The History of the Pregnancy Test Kit.

Grenache, David G. (2015) Variable accuracy of home pregnacy tests: truth in advertising. Clin Chem Lab Med; 53 (3): 339-341.

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