Affichage des articles dont le libellé est diabète gestationnel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est diabète gestationnel. Afficher tous les articles

16 janvier 2013

L'utilisation des probiotiques pour prévenir les complications pendant la grossesse

Les effets bénéfiques de l'utilisation des probiotiques pendant la grossesse sont déjà connus pour prévenir les vaginites de même que les allergies chez le nouveau-né. Toutefois, ce type de traitement pourrait-il aussi prévenir certaines complications comme le diabète de grossesse et la pré-éclampsie? C'est ce que des chercheurs de l'Université de Dublin ont tenté de déterminer en analysant les études existant sur le sujet.

D'après les informations disponibles sur le site du Journal of Maternal-Fetal and Neonatal Medicine, ces études semblent démontrer que les probiotiques ont un certain potentiel pour prévenir les complications pendant la grossesse. Par exemple, la consommation de ces "bonnes bactéries" diminuait le taux de sucre sanguin à jeun de même que la fréquence du diabète de grossesse. Les probiotiques réduisaient aussi la fréquence de la pré-éclampsie et les niveaux de certains indicateurs d'inflammation.

Notons toutefois que les chercheurs ont constaté que très peu d'études de qualité existait sur l'utilisation des probiotiques pendant la grossesse pour prévenir les complications. En effet, sur 189 articles répertoriés, seulement sept répondaient aux critères de sélection permettant d'être inclus dans cette revue de la littérature.

Pour cette raison, les chercheurs irlandais concluent qu'il est pressant de réaliser davantage d'études de qualité pour en savoir plus sur l'utilisation des probiotiques pendant la grossesse. En effet, ce traitement, en plus d'être sécuritaire, semble avoir un potentiel intéressant pour réduire les complications associées à des troubles métaboliques chez les femmes enceintes et pourrait donc être d'un grand secours pour les femmes à risques.

Référence:
Lindsay KL, Walsh CA, Brennan L, McAuliffe FM. (2013) Probiotics in pregnancy and maternal outcomes: a systematic review. J Matern Fetal Neonatal Med. 2013 Jan 11. [Epub ahead of print]

17 décembre 2012

Question de la semaine: Quels sont les facteurs de risque de développer du diabète de grossesse?

Cette semaine, je réponds à la question de Soraya Hrehorowski qui s'interroge sur les facteurs de risque de développer du diabète de grossesse et, en particulier si "une hypertriglycéridémie que l'on a avant la grossesse peut aboutir au diabète gestationnel".

Le diabète est une maladie se caractérisant par un taux de sucre sanguin trop élevé. Ce taux trop élevé est dû à un problème en rapport avec l'insuline, l'hormone responsable de faire pénétrer le glucose (un sucre simple) dans les cellules et d'ainsi faire diminuer la quantité de sucre dans le sang. Le problème peut être au niveau de la production de l'insuline ou de son activité.

Plus particulièrement, le diabète de grossesse est une condition d'intolérance au glucose qui est détectée pour la première fois pendant la grossesse. Selon des études épidémiologiques, de 2 à 6 % des futures mères développeront du diabète gestationnel. Toutefois, plusieurs facteurs peuvent augmenter les risques pour une femme de développer cette condition.

Il y a d'abord les facteurs non-modifiables comme un âge plus avancé ou la présence d'un historique de diabète de type 2 dans la famille. Le poids de la mère à la naissance ainsi que sa taille auraient également un impact. En effet, les mères qui étaient des bébés de petits poids et celles qui sont de petites tailles ont plus de risque de développer du diabète gestationnel. Enfin, les femmes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques sont également plus à risque.

Il y a ensuite les facteurs modifiables. Ainsi, les femmes obèses ont plus de risques de développer du diabète gestationnel, tout comme les femmes qui font peu d'exercice physique. Par ailleurs, il semblerait que la consommation de gras saturés pendant la grossesse influencerait le développement du diabète alors que la consommation d'acides gras polyinsaturés aurait un effet protecteur. Un manque de vitamine D ou C pourrait augmenter les risques de diabète gestationnel selon certaines études.

La diète avant la grossesse serait également un facteur non-négligeable. Un régime de type occidental (viande rouge, viandes transformées, produits céréaliers raffinés, sucreries, frites et pizza) de même que les boissons sucrées seraient donc préjudiciables alors qu'un régime sain (grande quantité de fruits, légumes verts feuillus, volaille, poisson) et une consommation élevée de fibres alimentaires seraient protecteurs.

Dans cette optique, l'hypertriglycéridémie retient aussi notre attention puisqu'il s'agit du taux de triglycérides (le type de gras le plus abondant de l'organisme) dans le sang. On sait par ailleurs que celui-ci peut être influencé par le gain de poids et les habitudes alimentaires. Dans une étude parue en 2010, des chercheurs ont remarqué qu'une hypertriglycéridémie associée à l'obésité abdominale pendant le premier trimestre pouvait augmenter les risques de développer une intolérance au glucose plus tard dans la grossesse.

En conclusion, plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de vivre du diabète gestationnel. Si certains sont difficilement modifiables, d'autres comme les habitudes alimentaires et l'exercice physique peuvent être modifiés pour diminuer les possibilités de développer ce type de condition.

Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le maternage? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse.

Références:
Galtier, F.(2010) Definition, epidemiology, risk factors. Diabetes & Metabolism, 36: 628-651.

Cuilin Zhang and Yi Ning. (2011) Effect of dietary and lifestyle factors on the risk of gestational diabetes: review of epidemiologic evidence. Am J Clin Nutr. 94(6 Suppl): 1975S–1979S.

Diane Brisson, Patrice Perron, Simon-Pierre Guay, Daniel Gaudet, and Luigi Bouchard. (2010) The “hypertriglyceridemic waist” phenotype and glucose intolerance in pregnancy. CMAJ. 182(15): E722–E725.

5 décembre 2012

L'expression de colostrum pendant la grossesse est-elle efficace et sécuritaire?

Le diabète peut avoir des impacts sur l'initiation de l'allaitement. En effet, les femmes souffrant de diabète de type I ont des risques plus élevés d'avoir une montée de lait retardée. De plus, les femmes diabétiques ont plus souvent un accouchement médicalisé et leur bébé risque d'être transféré dans une unité de soins spécialisés, ce qui peut être une barrière supplémentaire aux débuts de l'allaitement. 

Pour cette raison, on suggère parfois à ces femmes d'exprimer leur colostrum à partir de la trente-sixième semaine de grossesse pour se constituer une réserve qui pourra ensuite être utilisée en cas de besoin pour diminuer la quantité de lait artificiel reçue.

Toutefois, il existe peu de données scientifiques sur l'efficacité et la sécurité de cette technique. De plus certains experts s'interrogent sur la possibilité que cette méthode déclenche le travail étant donné que la stimulation des mamelons engendre une libération d'ocytocine, activant ainsi l'utérus.

Des chercheurs du Royaume-Uni ont donc tenté d'en savoir plus sur le sujet en recrutant 235 femmes enceintes et diabétiques. Ces femmes ont été suivies pendant leur grossesse selon la procédure standard. Elles ont donc reçu de l'information sur la régulation du taux de sucre, sur les politiques de contrôle du taux de sucre du nouveau-né et sur l'expression du colostrum pendant la grossesse de même que sur ses bénéfices.

Les femmes ont ensuite reçu un questionnaire vingt mois après la naissance de leur bébé. Sur les 235 femmes recrutées, à peine 94 ont renvoyées le questionnaire complété. De plus, seulement 35 % de ces femmes disaient se rappeler qu'on leur ait suggéré d'exprimer leur colostrum pendant la grossesse et parmi celles-ci 46 % ont choisi de suivre cette recommandation. Globalement, 16 femmes ont exprimées leur colostrum pendant la grossesse.

Les chercheurs ont ainsi remarqué que l'expression du colostrum pendant la grossesse n'avait pas d'impact sur la durée de l'allaitement mais que les femmes l'ayant fait étaient plus nombreuses à avoir initié l'allaitement (100% vs 86 %). Par contre, celles-ci ont accouché plus tôt (37,1 semaines de grossesse vs 38,2 semaines) et leurs bébés ont été plus souvent admis dans une unité de soins spécialisés.

Les résultats de cette étude ne semblent donc pas très encourageants. En effet, d'après ces données, non seulement l'expression du colostrum pendant la grossesse ne protège pas le bébé de l'admission aux soins spécialisés mais elle augmenterait aussi les risques de déclencher le travail prématurément.

Toutefois, avant de conclure, il faut se pencher sur les limites de cette étude. D'une part, le groupe de femmes étudiées est très petit. Pour cette raison, plusieurs de ces données ont peu de signification statistique. De plus, d'après les résultats présentés, ce groupe ne semblait pas très uniforme, ce qui complique l'interprétation des données. D'autre part, les données obtenues reposent presque exclusivement sur les souvenirs des mères et ce, 20 mois après leur accouchement. On ne peut donc être certain que les données étudiées représentent bien ce qui s'est réellement passé au moment de la grossesse et de l'accouchement. Par exemple, bien qu'on mentionne que ces femmes ont reçu un suivi standard où il est question de l'expression prénatale du colostrum, seulement 35 % d'entre elles s'en rappelaient.

En conclusion, pour vraiment bien connaître l'efficacité et la sécurité de l'expression du colostrum pendant la grossesse chez les mères diabétiques, d'autres études plus rigoureuses devront être menées.

Référence:
Soltani H, Scott A. (2012) Antenatal breast expression in women with diabetes: outcomes from aretrospective cohort study. International Breastfeeding Journal, 7:18.


9 novembre 2012

Génomique du placenta 101


Le placenta est un organe temporaire essentiel à la poursuite de la grossesse et à la naissance d'un enfant en santé. Celui-ci tire son origine des cellules de l'embryon. Il a donc les mêmes gènes que l'enfant à naître. Toutefois, comme tous les organes du bébé, le placenta n'utilise pas tous les gènes qu'il possède mais plutôt un petit groupe qui lui permet de bien accomplir ses fonctions essentielles au développement de l'enfant.

Des études ont démontré que le placenta n'activait pas les mêmes gènes à chaque étape de la grossesse. En effet, le groupe de gènes exprimés varie beaucoup, le plus gros changement ayant lieu vers la fin de la gestation. Ce changement radical servirait de préparation pour l'accouchement imminent et pour l'adaptation du foetus à la vie à l'extérieur de l'utérus. Par exemple, les gènes de réponse au stress sont beaucoup plus actifs à ce moment.

On sait également que la transition entre le début de la grossesse et le milieu de celle-ci est importante. En effet, au début, le placenta doit établir les bases d'un système d'échange entre la mère et le bébé alors qu'à partir de la moitié de la grossesse, il contribuera au développement des organes et à la croissance du foetus. Ces deux tâches requièrent donc l'activation de gènes différents.

Dans une étude récente, des chercheurs ont tenté d'identifier les gènes dont l'activation était la plus marquée lors de la transition vers le milieu de la grossesse. Les chercheurs ont identifié 16 gènes impliqués dans les processus suivants: la croissance des os et du cartilage, la multiplication des cellules de l'utérus, la croissance des muscles, le fonctionnement des reins, le développement du système nerveux, la protection contre les tumeurs, la réponse immunitaire, la multiplication et le fonctionnement des cellules de même que le transport des hormones de la glande thyroïde.

Les chercheurs ont également remarqué que l'activité de la majorité de ces gènes diminuait à l'approche de la fin de la grossesse. Toutefois, chez les femmes connaissant des complications comme la pré-éclampsie ou le diabète de grossesse, l'activité de ces gènes demeurait élevée jusqu'à l'accouchement. Ce résultat n'est pas si surprenant puisqu'on sait déjà que l'expression de certains gènes est associée à des complications pendant la grossesse et est donc un signe d'un mauvais fonctionnement du placenta.

La bonne continuation de la grossesse est due au fonctionnement adéquat du placenta. Pour bien accomplir ses fonctions, celui-ci doit utiliser les bons gènes au bon moment et un dérèglement dans cette mécanique peut avoir des conséquences désastreuses pour la mère ou le bébé. Il s'agit d'un exemple de plus de la complexité de la grossesse.

Référence: 
Uusküla L, Männik J, Rull K, Minajeva A, Kõks S, et al. (2012) Mid-Gestational Gene Expression Profile in Placenta and Link to Pregnancy Complications. PLoS ONE 7(11): e49248. doi:10.1371/journal.pone.0049248

28 octobre 2011

Le père responsable du diabète de grossesse?

Des chercheurs britanniques auraient identifié un facteur génétique transmis par le père et pouvant expliquer le diabète de grossesse chez la mère.

En effet, ces chercheurs ont remarqué que lorsque le père transmettait au bébé une version particulière du gène IGF2 au bébé, la mère avait des concentrations plus élevées de glucose sanguin. Cela pourrait donc augmenter le risque pour celle-ci de développer un diabète gestationnel.

Cette association pourrait s'expliquer en partie par des changements dans l'expression du gène IGF2 par le placenta. Le gène IGF2 (Insulin-like growth factor 2) est un gène favorisant la croissance pendant la gestation. Des études ont déjà remarqué qu'une surproduction de IGF2 causait de l'hypoglycémie.

Le diabète gestationnel, lui, serait attribuable à une diminution de la sensibilité à l'insuline pendant la grossesse. Les hormones placentaires seraient vraisemblablement responsables de cette résistance à l'insuline.

L'article paru dans la revue Diabetes: Associations Between Paternally Transmitted Fetal IGF2 Variants and Maternal Circulating Glucose Concentrations in Pregnancy