21 juin 2016

Les actualités de la semaine (8)

En collaboration avec l'Agence Science-Presse, je rédige les actualités du site Naître et grandir. Voici les sujets qui ont attiré notre attention la semaine dernière.

Vaccins: peu de risques de convulsions fébriles
Très peu d’enfants auraient des convulsions fébriles après avoir reçu un vaccin, révèle une étude américaine.

Selon les résultats des chercheurs, le vaccin contre le pneumocoque augmenterait légèrement le risque de convulsions fébriles chez les tout-petits. Ce serait aussi le cas du vaccin contre la grippe, mais seulement s’il est administré en même temps que le vaccin contre le pneumocoque ou le vaccin DCaT (diphtérie, coqueluche, tétanos).

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Allergies: les enfants ne seraient pas assez exposés aux microbes
Les habitudes de vie individuelles ne seraient pas les seules responsables de l’augmentation chez les enfants des allergies et de certaines maladies, comme le diabète de type 1. Une étude réalisée par une équipe internationale de chercheurs révèle que l’environnement aurait aussi un rôle à jouer.

Les résultats de cette étude confirment l’hypothèse selon laquelle un enfant doit être exposé aux microbes dans son environnement pour que son système immunitaire se développe normalement.

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Sommeil: combien d’heures un enfant devrait-il dormir?
L’Académie américaine de médecine du sommeil a émis pour la première fois des recommandations officielles sur le nombre d’heures de sommeil nécessaire au bon développement des enfants.

Pour émettre ces recommandations, l’Académie américaine de médecine du sommeil a demandé à 13 experts du domaine de scruter les études existant sur le sujet. Ils ont ainsi analysé 864 articles scientifiques.

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17 juin 2016

Procréation assistée: et si on parlait du consentement?

Le magazine Planète F publie cette semaine un tout nouveau dossier: Les coûts de l'infertilité. L'équipe de rédaction du magazine a souhaité dépeindre le vécu des couples qui doivent vivre avec l'infertilité. Dans ce dossier, je m'intéresse à la notion de consentement éclairé lors d'une procédure de procréation assistée.

Voici un court extrait:

« Au début, on embarque dans l’inconnu et c’est compliqué. Malgré le fait que je travaille dans un laboratoire, tout était nouveau », raconte Myriam, qui a fait deux tentatives infructueuses à la Clinique Procrea avant de concevoir un enfant avec la Clinique OVO. « Ça prend une sensibilité particulière, ajoute-t-elle. Le personnel côtoie des femmes infertiles qui ne savent pas si elles seront mamans un jour. »

Le contexte dans lequel ont lieu les procédures de procréation assistée est en effet délicat. Le Collège des médecins du Québec a d’ailleurs publié un guide d’exercice contenant un chapitre entier sur l’importance du consentement en procréation assistée. On y mentionne dès le départ que les personnes qui présentent des problèmes d’infertilité sont en droit d’être informées adéquatement, compte tenu des impacts que ces procédures peuvent avoir sur le couple et sur chacun des partenaires.

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter mon texte LE CONSENTEMENT DE LA PROCRÉATION ASSISTÉE.

15 juin 2016

Antibiotique dans les yeux des nouveau-nés: la saga se poursuit

En mars 2015, la Société canadienne de pédiatrie recommandait de cesser l’administration systématique d’antibiotiques dans les yeux des nouveau-nés. Selon l’organisme, cette pratique n’était pas efficace pour prévenir les conjonctivites chez les nourrissons. La SCP recommandait plutôt de dépister et traiter les femmes atteintes d’une ITS pendant leur grossesse. Malheureusement, la pratique était obligatoire selon la loi québécoise. Bien que cette loi doive être modifiée bientôt, la pratique risque de demeurer en vigueur pour quelque temps encore selon les recommandations du Ministère de la Santé et des Services sociaux.

Des professionnels de la santé ont en effet voulu savoir comment avançait ce dossier. Ils ont donc contacté le Ministère et ainsi obtenu une réponse du Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique et sous-ministre adjoint. Dans cette lettre, Dr Arruda réitère la volonté du ministère d’abolir l’article 68 du Règlement d’application de la Loi sur les laboratoires médicaux, la conservation des organes et des tissus et la disposition des cadavres. « Il est prévu d’abroger l’article 68, car la décision d’administrer ou non une chimioprophylaxie afin de prévenir la conjonctivite néonatale ne devrait pas relever d’une réglementation ministérielle, mais devrait résulter de l’adoption de normes cliniques de bonne pratique professionnelle », explique Noémie Vanheuverzwijn, responsable des relations avec les médias au MSSS. Les démarches seraient donc en cours, mais il serait impossible de savoir à quelle date l’abrogation sera effective, puisque cela dépend du processus législatif.

Cependant, l’abolition de la loi est loin de signifier la fin de l’administration systématique d’antibiotique chez les nouveau-nés. En effet, selon la lettre signée par Dr Arruda, « il est prématuré d’envisager l’arrêt de l’administration systématique de la chimioprophylaxie oculaire au Québec ». Ce consensus se serait dégagé lors d’une rencontre qui s’est tenue le 14 janvier dernier et qui réunissait des représentants des organisations suivantes : l’Association des gynécologues et obstétriciens du Québec, l’Association des omnipraticiens en périnatalité du Québec, l’Association des pédiatres du Québec, l’Association des médecins ophtalmologistes du Québec, la Société des néonatologistes du Québec, le Collège des médecins du Québec, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, l’Ordre des sages-femmes du Québec, la Société canadienne de pédiatrie, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux et l’Institut national de santé publique du Québec.

Dans sa lettre, le Ministère justifie cette position en soulignant que « les conditions permettant de cesser, de façon sécuritaire, l’administration systématique à tous les nouveau-nés d’une chimioprophylaxie visant la prévention de l’ophtalmie néonatale ne sont pas réunies actuellement au Québec ». Questionnée à ce sujet, Noémie Vanheuverzwijn précise la position du Ministère. « Le dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang pendant la grossesse fait partie des mesures préconisées pour prévenir la conjonctivite néonatale, explique-t-elle. Avant de cesser l’administration systématique de la chimioprophylaxie oculaire, il faut préciser les bonnes pratiques et mettre en œuvre les conditions nécessaires pour qu’elles soient appliquées. Par exemple, il faut déterminer à quel moment ce dépistage devrait être effectué pendant la grossesse. Il faut s’assurer qu’il sera effectué de façon systématique, que tous les milieux auront accès aux analyses de dépistage recommandées et que le traitement et le suivi des femmes enceintes permettront de s’assurer de l’éradication de l’infection. »

Par conséquent, tant que les meilleures pratiques en matière de dépistage des ITSS chez les femmes enceintes ne seront pas mises en place, les nouveau-nés continueront de recevoir des antibiotiques dans leurs yeux après la naissance. Une conclusion qui déçoit de nombreux professionnels de la santé qui voient cette position comme un recul dans le dossier.

Pour connaitre tous les détails de ce dossier: