J'ai eu la chance d'assister cette semaine à la conférence de Nancy Morhbacher, IBCLC et auteure du livre Breastfeeding Answers Made Simple, dans le cadre de la Grande Conférence de l'Association québécoise des consultantes en lactation diplômées de l'IBLCE (AQC). J'en profite donc pour aborder un élément discuté lors de sa conférence: l'état particulier du cerveau chez les nouvelles mères.
Demandez à une mère de vous raconter son accouchement ou les premiers jours suivant la naissance de son enfant. Invariablement celle-ci vous dira qu'elle ne se rappelle plus très bien de ceci ou que tel moment est plutôt vague dans sa mémoire. Ce phénomène universel démontre un fait bien connu: le cerveau des nouvelles mères a une façon bien particulière de fonctionner.
En effet, des études ont démontré que les nouvelles mères disent avoir de la difficulté à suivre des instructions, à se souvenir de certaines informations et à avoir une bonne notion du temps. Pendant longtemps, on a associé ces lacunes à une déficience cognitive. Toutefois, la littérature neurocomportementale parle maintenant d'une augmentation des fonctions de l'hémisphère droit du cerveau.
En effet, alors que l'hémisphère gauche est celui qui contrôle le langage, les habiletés mathématiques et la logique, l'hémisphère droit intervient plutôt au niveau des habiletés spatiovisuelles, de l'intuition, des émotions, de l'appréciation artistique et de la reconnaissance des visages. La dominance de l'hémisphère droit chez les nouvelles mères permettrait donc de favoriser l'attachement émotionnel entre une mère et son bébé en rendant celle-ci plus attentive à son enfant et plus disposée à en prendre soin.
Malheureusement, les professionnels de la santé donnent souvent aux nouvelles mères des informations très directives et
faisant plutôt appel aux fonctions de l'hémisphère gauche. On peut alors imaginer à quel point il peut être difficile pour une nouvelle mère d'apprivoiser l'allaitement lorsqu'on l'incite fortement à suivre des étapes bien précises pour y arriver. Effectivement, une approche focussant sur la logique et le raisonnement est une barrière importante aux débuts de l'allaitement.
Pour cette raison, de plus en plus de professionnels de la santé suggèrent d'aider les mères en utilisant une approche plus intuitive. Il serait donc préférable d'offrir de l'empathie et d'encourager la mère à suivre ses instincts. Après tout, les bébés sont programmés génétiquement pour prendre le sein et les mères pour leur servir de guide. Le rôle des personnes ressources en allaitement est donc de créer un climat propice à l'expression des instincts de la mère et du bébé pour être au diapason de la physiologie particulière du cerveau en période post-partum.
Références:
Marieb, Elaine N. (1999) Anatomie et physiologie humains, 2éd., Montréal: Éditions du Renouveau Pédagogique.
Mohrbacher, N. (2010) Breastfeeding Answers Made Simple. Amarillo: Hale Publishing.
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8 juin 2012
Les nouvelles mères sont plus à droite
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28 mai 2012
La composition du lait maternel pendant la grossesse et l'allaitement en tandem
Suite au billet du 14 mai sur la composition du lait maternel, Sophie Gauthier aimerait savoir comment le lait change lors de l'allaitement en tandem, c'est-à-dire l'allaitement d'enfants d'âge différent.
Comme on l'a déjà vu, le lait maternel s'adapte aux besoins du bébé. Mais, que se passe-t-il quand on allaite deux enfants qui n'ont pas les mêmes besoins? C'est le défi qui se pose lorsqu'on poursuit l'allaitement pendant la grossesse et même après l'arrivée du nouveau bébé.
Contrairement au kangourou qui a une mamelle qui produit du lait mature pour le plus vieux des petits et une mamelle qui produit du lait adapté pour le nouveau-né, un tel système n'existe pas chez l'humain. Le corps de la mère se voit donc dans l'obligation de choisir quelle sera sa priorité pour les prochains mois et c'est le foetus qui a alors l'avantage.
Les changements hormonaux (en particulier l'augmentation de l'oestrogène) se produisant pendant la grossesse vont donc affecter la production de lait. Une des étapes importantes de la gestation est donc de préparer les glandes mammaire à produire du colostrum pour le nouveau-né. En effet, le nouveau-né a des besoins particuliers et le colostrum est nettement mieux adapté pour y répondre que le lait mature.
Bien sûr, ces changements importants de la glande mamaire affecteront l'allaitement en cours. D'une part, la production de lait va diminuer de façon importante chez 70 % des mères. Deuxièmement, la composition du lait va se rapprocher de plus en plus du colostrum c'est-à-dire que la concentration de lactose diminuera et celle de sodium augmentera. Cela affectera entre autres le goût du lait: celui-ci deviendra plus salé. Ceci, de même que la diminution du volume de lait, va amener plusieurs enfants à se désintéresser du sein. On estime qu'entre 57 et 69 % des enfants se sèvrent pendant la grossesse, habituellement pendant le second trimestre.
Par ailleurs, si l'enfant allaité est âgé de moins d'un an, il est possible que la quantité de lait que celui-ci reçoit ne soit plus suffisante à sa croissance. Dans un tel cas, il est donc important de bien surveiller le gain de poids pour être en mesure d'offrir des suppléments si nécessaire. Toutefois, malgré les changements dans la composition et le volume du lait, celui-ci conserve ces bienfaits immunologiques et continue de protéger le bambin contre certaines infections.
Au moment de la naissance et jusqu'à environ 3 jours post-partum, les quantités de colostrum ne sont toujours pas substantielles. Par conséquent, il est préférable de laisser le nouveau-né se nourrir en premier. Par ailleurs, il est bon de savoir que le colostrum et le lait de transition ont des propriétés laxatives et que cela peut donc causer temporairement des selles plus liquides chez le bambin.
Enfin, lorsque le lait mature fera son apparition, la production de la mère sera bien instaurée et le volume sera beaucoup plus important. De plus, comme la production suivra alors la loi de l'offre et de la demande, il y aura amplement de lait pour les deux enfants et ce, même si le bambin demande le sein fréquemment. Ce sera le début de l'aventure de l'allaitement en tandem!
Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le maternage? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse.
Références:
Lawrence, R. A., & Lawrence, R.M. (2005). Breastfeeding: A Guide for the Medical Profession (6th ed.). Philadelphie : Elsevier Mosby.
Mohrbacher, N. (2010) Breastfeeding Answers Made Simple. Amarillo: Hale Publishing.
Riordan, J., & Wambach, K. (2010). Breastfeeding and Human Lactation (4th ed.). Sudbury: Jones and Bartlett.
Comme on l'a déjà vu, le lait maternel s'adapte aux besoins du bébé. Mais, que se passe-t-il quand on allaite deux enfants qui n'ont pas les mêmes besoins? C'est le défi qui se pose lorsqu'on poursuit l'allaitement pendant la grossesse et même après l'arrivée du nouveau bébé.
Contrairement au kangourou qui a une mamelle qui produit du lait mature pour le plus vieux des petits et une mamelle qui produit du lait adapté pour le nouveau-né, un tel système n'existe pas chez l'humain. Le corps de la mère se voit donc dans l'obligation de choisir quelle sera sa priorité pour les prochains mois et c'est le foetus qui a alors l'avantage.
Les changements hormonaux (en particulier l'augmentation de l'oestrogène) se produisant pendant la grossesse vont donc affecter la production de lait. Une des étapes importantes de la gestation est donc de préparer les glandes mammaire à produire du colostrum pour le nouveau-né. En effet, le nouveau-né a des besoins particuliers et le colostrum est nettement mieux adapté pour y répondre que le lait mature.
Bien sûr, ces changements importants de la glande mamaire affecteront l'allaitement en cours. D'une part, la production de lait va diminuer de façon importante chez 70 % des mères. Deuxièmement, la composition du lait va se rapprocher de plus en plus du colostrum c'est-à-dire que la concentration de lactose diminuera et celle de sodium augmentera. Cela affectera entre autres le goût du lait: celui-ci deviendra plus salé. Ceci, de même que la diminution du volume de lait, va amener plusieurs enfants à se désintéresser du sein. On estime qu'entre 57 et 69 % des enfants se sèvrent pendant la grossesse, habituellement pendant le second trimestre.
Par ailleurs, si l'enfant allaité est âgé de moins d'un an, il est possible que la quantité de lait que celui-ci reçoit ne soit plus suffisante à sa croissance. Dans un tel cas, il est donc important de bien surveiller le gain de poids pour être en mesure d'offrir des suppléments si nécessaire. Toutefois, malgré les changements dans la composition et le volume du lait, celui-ci conserve ces bienfaits immunologiques et continue de protéger le bambin contre certaines infections.
Au moment de la naissance et jusqu'à environ 3 jours post-partum, les quantités de colostrum ne sont toujours pas substantielles. Par conséquent, il est préférable de laisser le nouveau-né se nourrir en premier. Par ailleurs, il est bon de savoir que le colostrum et le lait de transition ont des propriétés laxatives et que cela peut donc causer temporairement des selles plus liquides chez le bambin.
Enfin, lorsque le lait mature fera son apparition, la production de la mère sera bien instaurée et le volume sera beaucoup plus important. De plus, comme la production suivra alors la loi de l'offre et de la demande, il y aura amplement de lait pour les deux enfants et ce, même si le bambin demande le sein fréquemment. Ce sera le début de l'aventure de l'allaitement en tandem!
Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le maternage? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse.
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Lawrence, R. A., & Lawrence, R.M. (2005). Breastfeeding: A Guide for the Medical Profession (6th ed.). Philadelphie : Elsevier Mosby.
Mohrbacher, N. (2010) Breastfeeding Answers Made Simple. Amarillo: Hale Publishing.
Riordan, J., & Wambach, K. (2010). Breastfeeding and Human Lactation (4th ed.). Sudbury: Jones and Bartlett.
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14 mai 2012
Question de la semaine: La composition du lait maternel change-t-elle pendant l'allaitement?
Aujourd'hui, je réponds à la question de Chantal Caissié: Est-ce que la composition du lait maternel change pendant l'allaitement?
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| Colostrum et lait mature |
Tout comme les besoins d'un bébé changent à mesure qu'il vieillit, la composition du lait change elle aussi. En fait, plusieurs facteurs vont influencer la composition du lait maternel: le stade de la lactation, l'âge gestationnel du bébé, le moment pendant la tétée, la fréquence des tétées et le degré de plénitude des seins.
L'âge gestationnel du bébé
Les mères qui accouchent de bébés prématurés ont un lait beaucoup plus calorique car il contient 30 % plus de gras que le lait des mères de bébés à terme. Le contenu en azote (une composante importante des protéines) du lait "préterme" est aussi 20 % plus élevé que le lait "à terme". Ces particularités démontrent bien les besoins élevés en gras et en protéines des bébés prématurés. Cela explique aussi pourquoi il est préférable, lorsque cela est possible, d'offrir à un bébé prématuré le lait de sa propre mère plutôt que celui de mères donneuses. Bien sûr, si la mère ne peut offrir son propre lait, le lait provenant d'une banque de lait devrait être utilisé avant les préparations commerciales.
Le stade de la lactation
Le lait produit dès la naissance, le colostrum, est plus riche en protéines, en minéraux et moins concentré en gras, en vitamine et en hydrates de carbone. En fait, la composition du colostrum reflète les besoins du bébé dans les premiers jours. En effet, le système immunitaire du nouveau-né est très immature et il a donc besoin d'un coup de pouce pour lutter contre les infections. Avec un lait riche en protéines (et donc en anticorps), même si le nouveau-né ne consomme qu'une très petite quantité de lait, il reçoit la même dose d'anticorps que recevrait un bébé de quelques mois qui consomme un plus grand volume de lait.
De la même façon, au moment du sevrage, la quantité d'anticorps que reçoit l'enfant demeure constante même si le volume de lait diminue graduellement. On sait aussi que le lait des mères qui allaitent depuis plus d'un an est plus riche en gras et en calorie. De cette façon, un pourcentage élevé de l'apport calorique de l'enfant continue de provenir du lait maternel et ce, même s'il tète moins souvent. Par ailleurs, pendant le sevrage, la concentration en protéines et en sodium augmente. C'est d'ailleurs pour cette raison que lait devient alors plus salé. En contrepartie, les taux de potassium, de glucose et de lactose diminuent.
Le moment de la journée
On sait également que les concentrations en azote (et donc en protéines), en lactose et en gras du lait maternel varient pendant une même journée. Par exemple, chez certaines mères, le taux de gras augmente à partir des petites heures du matin jusqu'à la moitié de la journée. Toutefois, ce genre de pattern ne dépend pas seulement de l'heure de la journée mais aussi de la gestion de l'allaitement (à la demande vs selon un horaire). La quantité de lait change également, le volume pouvant augmenter par 3 à 5 fois selon le moment de la journée. Ces observations expliquent en partie le fait que les tétées ne sont pas réparties également pendant une journée.
Pendant la tétée
Au cours d'une tétée, le changement le plus important est la concentration en gras. Généralement, plus la tétée avance, plus le taux de gras augmente. Cela est dû au fait que les gouttelettes de gras du lait ont tendance à coller aux parois des canaux lactifères. Par conséquent, au début de la tétée, lorsque le sein est plein, c'est plutôt le lait riche en eau que le bébé reçoit. Par contre, vers la fin de la tétée, lorsque le volume de lait a diminué, le bébé peut aller chercher les globules de gras plus facilement. Pour cette même raison, lorsque les tétées sont espacées et que les seins sont très pleins, le lait qu'ils contiennent est beaucoup moins gras que lorsque les tétées sont rapprochées.
En résumé, le lait maternel est un liquide dynamique qui se modifie constamment pour répondre aux besoins de l'enfant. Ce phénomène est une preuve de plus que l'évolution a perfectionné la lactation au point d'en faire une mécanique parfaitement réglée.
Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la
périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir
concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le maternage?
Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la
réponse.
Références:
Lawrence, R. A., & Lawrence, R.M. (2005). Breastfeeding: A Guide for the Medical Profession (6th ed.). Philadelphie : Elsevier Mosby.
Riordan, J., & Wambach, K. (2010). Breastfeeding and Human Lactation (4th ed.). Sudbury: Jones and Bartlett.
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sevrage
24 mars 2012
Le peau-à-peau est-il différent selon le sexe du bébé?
Les effets positifs du peau-à-peau sont de plus en plus reconnus. Bien entendu, tous les bébés bénéficient de cette méthode mais les filles et les garçons y réagissent-ils de la même façon?
Des chercheurs suédois ont tenté de répondre à cette question en filmant l'interaction parent-bébé pendant une séance de peau-à-peau de 25 minutes immédiatement après une naissance par césarienne.
Ils ont ainsi remarqué que les filles commençaient à chercher le sein plus tôt que les garçons, autant en peau-à-peau avec leur mère qu'avec leur père. Les chercheurs ont aussi observé que les filles pleuraient toutefois davantage que les garçons.
Par ailleurs, la mère et le père présentaient eux aussi des comportements différents pendant la séance de peau à peau. Ainsi, les mères avaient tendance à toucher plus souvent leur bébé que les pères et elles touchaient aussi davantage les bébés garçons que les filles.
Sans surprise, les bébés en peau-à-peau avec leur mère commençaient à téter plus tôt que ceux en peau-à-peau avec leur père. Pour cette raison, on suggère habituellement de favoriser cette méthode avec la mère lorsque cela est possible.
Par contre, si la mère n'est pas disponible, le peau-à-peau avec le père est aussi un moment privilégié qui aidera à l'établissement du lien père-enfant.
Enfin, les chercheurs ont remarqué que les pères parlaient directement à leur bébé plus souvent si le bébé était un garçon. Malheureusement, l'étude ne mentionne pas s'il était question de la performance des Canadiens dans la dernière saison...
Référence: Velandia M, Uvnäs-Moberg K, Nissen E. Sex differences in newborn interaction with mother or father during skin-to-skin contact after Caesarean section. Acta Paediatr. 2012 Apr;101(4):360-7.
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| Crédit : Melimama (Wikimedia Commons) |
Ils ont ainsi remarqué que les filles commençaient à chercher le sein plus tôt que les garçons, autant en peau-à-peau avec leur mère qu'avec leur père. Les chercheurs ont aussi observé que les filles pleuraient toutefois davantage que les garçons.
Par ailleurs, la mère et le père présentaient eux aussi des comportements différents pendant la séance de peau à peau. Ainsi, les mères avaient tendance à toucher plus souvent leur bébé que les pères et elles touchaient aussi davantage les bébés garçons que les filles.
Sans surprise, les bébés en peau-à-peau avec leur mère commençaient à téter plus tôt que ceux en peau-à-peau avec leur père. Pour cette raison, on suggère habituellement de favoriser cette méthode avec la mère lorsque cela est possible.
Par contre, si la mère n'est pas disponible, le peau-à-peau avec le père est aussi un moment privilégié qui aidera à l'établissement du lien père-enfant.
Enfin, les chercheurs ont remarqué que les pères parlaient directement à leur bébé plus souvent si le bébé était un garçon. Malheureusement, l'étude ne mentionne pas s'il était question de la performance des Canadiens dans la dernière saison...
Référence: Velandia M, Uvnäs-Moberg K, Nissen E. Sex differences in newborn interaction with mother or father during skin-to-skin contact after Caesarean section. Acta Paediatr. 2012 Apr;101(4):360-7.
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soins kangourou
29 février 2012
Les soins kangourou pour traiter la jaunisse
Les professionnels de la santé s'entendent de plus en plus sur les bénéfices associés aux soins kangourou pour les bébés prématurés. On sait entre autre que les soins kangourou aident à stabiliser la température de même que le rythme cardiaque et respiratoire des nouveau-nés. Cette technique favorise aussi l'allaitement et le développement du lien mère-enfant.
Une nouvelle étude vient de démontrer que les soins kangourou pourraient aussi être utiles dans le traitement de la jaunisse. En effet, des chercheurs ont étudié 50 enfants égyptiens admis à l'hôpital pour le traitement de la jaunisse. Ils ont alors remarqué que les bébés qui recevaient des soins kangourou de façon intermittente nécessitaient significativement moins d'heures de photothérapie que les autres bébés. Notons que la photothérapie consiste en l'exposition à une lumière bleuté qui permet au bébé d'éliminer plus rapidement le pigment jaune responsable de la jaunisse.
Lors des soins kangourou, on place le bébé en peau-à-peau contre la poitrine dénudée de sa mère. Le bébé est alors maintenu dans cette position grâce à une bande de tissu souple qui assure un bon support sans toutefois exercer de pression. Le nouveau-né profite ainsi de la stimulation procurée par la proximité de sa mère.
Étant donné les bienfaits reconnus des soins kangourou, cette nouvelle étude devrait encourager les hôpitaux à utiliser davantage cette technique dans le traitement de la jaunisse. D'autant plus que ce type d'approche respecte la dyade mère-enfant et s'inscrit dans le continuum naturel de la naissance.
Référence: Nashwa M. Samra, Amal El Taweel, and Karin Cadwell. The effect of kangaroo mother care on the duration of phototherapy of infants re-admitted for neonatal jaundice. Journal of Maternal-Fetal and Neonatal Medicine, Nov. 2011, 0 0:0, 1-4
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| Source: http://www.kangaroomothercare.com |
Lors des soins kangourou, on place le bébé en peau-à-peau contre la poitrine dénudée de sa mère. Le bébé est alors maintenu dans cette position grâce à une bande de tissu souple qui assure un bon support sans toutefois exercer de pression. Le nouveau-né profite ainsi de la stimulation procurée par la proximité de sa mère.
Étant donné les bienfaits reconnus des soins kangourou, cette nouvelle étude devrait encourager les hôpitaux à utiliser davantage cette technique dans le traitement de la jaunisse. D'autant plus que ce type d'approche respecte la dyade mère-enfant et s'inscrit dans le continuum naturel de la naissance.
Référence: Nashwa M. Samra, Amal El Taweel, and Karin Cadwell. The effect of kangaroo mother care on the duration of phototherapy of infants re-admitted for neonatal jaundice. Journal of Maternal-Fetal and Neonatal Medicine, Nov. 2011, 0 0:0, 1-4
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28 janvier 2012
Les comportements de bébés expliqués aux parents
Les 26 et 27 janvier 2012 a eu lieu à Sacramento le California Breastfeeding Summit. Voici un résumé de la conférence de Jane Heinig, Ph D IBCLC.
Contrairement à ce qu'on croit souvent, chez le nouveau-né, le réveil et les pleurs ne sont pas des signaux de faim mais plutôt des signaux de communication. En fait, les pleurs sont une réaction du bébé pour communiquer à ses parents qu'il vit un stress.
Les distractions comme les jouets, les suces ou les biberon peuvent fonctionner un moment pour calmer l'enfant mais, en fait, il ne font que prolonger le stress vécu par celui-ci.
Lorsqu'on tente de calmer un bébé, il faut être patient. Cela peut prendre quelques minutes. Il est préférable de demeurer calme et de ne pas passer d'une tactique à l'autre. En effet, les réactions d'un bébé s'intensifient (stress et pleurs) lorsque les réactions de la mère ou les conditions de l'environnement s'intensifient eux aussi (distractions, bruits, bouleversements). Si le bébé ne semble pas connecter avec sa mère ou s'il se détourne du sein, la mère ne devrait pas insister, rester calme et attendre.
Par ailleurs, dans ces moments, il est faux de croire que la solution est un biberon. Les bébés ne veulent pas de biberons. En effet, s'ils cessent de pleurer lorsqu'on leur en offre un, c'est parce qu'ils ne peuvent pas crier et avaler en même temps. En d'autres mots, un bébé affamé ne pleure pas de façon incontrolable parce qu'il a faim mais parce qu'il est bouleversé de ne pas être écouté. Lorsqu'on répond au besoin du bébé et que celui-ci commence réellement à se calmer, il prendra alors de profondes respirations et deviendra plus silencieux.
Le sommeil du nouveau-né
Les gens semblent croire qu'on peut entraîner ou forcer un bébé à dormir plus tôt, plus longtemps ou plus souvent, mais ce n'est pas vrai.
Les parents devraient savoir que les rêves sont importants chez le bébé. Ils contribuent au développement du cerveau. Nous ne devrions donc pas favoriser le sommeil profond chez le bébé. En effet, les rêves ont lieu pendant les phases de sommeil léger.
Pour leur développement, les bébés doivent s'éveiller souvent. Les nouveaux-nés passent la moitié de leurs cycles de sommeil en sommeil léger, c'est-à-dire environ 30 minutes. Par conséquent, les bébés ne se réveillent pas parce qu'ils n'ont pas assez bu à la dernière tétée mais parce qu'ils ont besoin de se réveiller souvent. Le sommeil léger est bon pour les bébés: il les aide à respirer, à se développer et à se nourrir.
Autour de 6 à 8 semaines, les bébés ont des cycles de sommeil plus long qu'un nouveau-né. Ils se réveillent donc moins souvent. Par contre, ce n'est que vers 3 à 4 mois que les bébés peuvent passer facilement dans un cycle de sommeil profond et y rester pour plus ou moins une heure.
Enfin, pour favoriser un sommeil de qualité chez un bébé, il faut réduire les stimulations comme la télévision au minimum. Même le clignotement d'un radio-réveil peut empêcher un bébé d'entrer dans un cycle de sommeil.
Source: @goldcon. (2012) Tweeting life from the California Breastfeeding Summit in Sacramento! Now talking: Jane Heinig, PhD, IBCLC on Teaching Parents Baby Behavr [Entrée Twitter] Consulté à l'adresse https://twitter.com/#!/goldconf
Blogue de Jane Heinig
Contrairement à ce qu'on croit souvent, chez le nouveau-né, le réveil et les pleurs ne sont pas des signaux de faim mais plutôt des signaux de communication. En fait, les pleurs sont une réaction du bébé pour communiquer à ses parents qu'il vit un stress.
Les distractions comme les jouets, les suces ou les biberon peuvent fonctionner un moment pour calmer l'enfant mais, en fait, il ne font que prolonger le stress vécu par celui-ci.
Lorsqu'on tente de calmer un bébé, il faut être patient. Cela peut prendre quelques minutes. Il est préférable de demeurer calme et de ne pas passer d'une tactique à l'autre. En effet, les réactions d'un bébé s'intensifient (stress et pleurs) lorsque les réactions de la mère ou les conditions de l'environnement s'intensifient eux aussi (distractions, bruits, bouleversements). Si le bébé ne semble pas connecter avec sa mère ou s'il se détourne du sein, la mère ne devrait pas insister, rester calme et attendre.
Par ailleurs, dans ces moments, il est faux de croire que la solution est un biberon. Les bébés ne veulent pas de biberons. En effet, s'ils cessent de pleurer lorsqu'on leur en offre un, c'est parce qu'ils ne peuvent pas crier et avaler en même temps. En d'autres mots, un bébé affamé ne pleure pas de façon incontrolable parce qu'il a faim mais parce qu'il est bouleversé de ne pas être écouté. Lorsqu'on répond au besoin du bébé et que celui-ci commence réellement à se calmer, il prendra alors de profondes respirations et deviendra plus silencieux.
Le sommeil du nouveau-né
Les gens semblent croire qu'on peut entraîner ou forcer un bébé à dormir plus tôt, plus longtemps ou plus souvent, mais ce n'est pas vrai.
Les parents devraient savoir que les rêves sont importants chez le bébé. Ils contribuent au développement du cerveau. Nous ne devrions donc pas favoriser le sommeil profond chez le bébé. En effet, les rêves ont lieu pendant les phases de sommeil léger.
Pour leur développement, les bébés doivent s'éveiller souvent. Les nouveaux-nés passent la moitié de leurs cycles de sommeil en sommeil léger, c'est-à-dire environ 30 minutes. Par conséquent, les bébés ne se réveillent pas parce qu'ils n'ont pas assez bu à la dernière tétée mais parce qu'ils ont besoin de se réveiller souvent. Le sommeil léger est bon pour les bébés: il les aide à respirer, à se développer et à se nourrir.
Autour de 6 à 8 semaines, les bébés ont des cycles de sommeil plus long qu'un nouveau-né. Ils se réveillent donc moins souvent. Par contre, ce n'est que vers 3 à 4 mois que les bébés peuvent passer facilement dans un cycle de sommeil profond et y rester pour plus ou moins une heure.
Enfin, pour favoriser un sommeil de qualité chez un bébé, il faut réduire les stimulations comme la télévision au minimum. Même le clignotement d'un radio-réveil peut empêcher un bébé d'entrer dans un cycle de sommeil.
Source: @goldcon. (2012) Tweeting life from the California Breastfeeding Summit in Sacramento! Now talking: Jane Heinig, PhD, IBCLC on Teaching Parents Baby Behavr [Entrée Twitter] Consulté à l'adresse https://twitter.com/#!/goldconf
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20 janvier 2012
Pourquoi la suce est-elle si populaire?
S'il y a un sujet qui déclenche les passions, c'est bien l'utilisation de la suce et son effet sur l'allaitement. En effet, l'introduction précoce de la suce (avant 4 semaines) serait associée à une diminution de la durée totale de l'allaitement. Pourtant, malgré ce risque non-négligeable, un nombre important de mères allaitantes choisissent tout de même d'offrir une suce à leur bébé.
Des chercheurs australiens ont tenté de comprendre pourquoi la suce demeurait si populaire et publient maintenant leurs résultats dans le journal BMC Pediatrics.
Ces chercheurs ont interrogé 670 nouvelles mères australiennes concernant l'utilisation de la suce et l'alimentation de leur bébé. Il est intéressant de mentionner que toutes ces femmes étaient mères pour la première fois.
Tout d'abord, mentionnons que cette étude a bel et bien confirmé la popularité de la suce. En effet, 79% des mères interrogées ont offert une suce à leur enfant. En général, l'introduction de la suce a eu lieu vers 2 semaines. Par ailleurs, à l'âge de 3 semaines, le deux-tiers des enfants en avait reçu une.
Si le tiers des mères disent avoir offert une suce de leur propre chef, 28.7% disent avoir été conseillées par leur mère/belle-mère, 22.7% par leur sage-femme et 20.2% par leurs amies.
Les mères questionnées dans cette recherche ont donné plusieurs raisons pour l'utilisation de la suce, les plus fréquentes étant: pour réconforter leur bébé (78%), pour l'aider à s'endormir (57%) et pour le garder heureux et tranquille (40%).
Enfin, mentionnons que cette étude a également confirmé que les mères ayant introduit la suce avant l'âge de 4 semaines avaient plus de risques d'avoir cessé l'allaitement plus tôt que les mères n'ayant jamais offert de suce. Il en était de même pour les mères qui offraient la suce quotidiennement.
Cette étude démontre bien à mon avis que beaucoup d'éducation devrait être fait auprès des mères mais aussi des personnes qui supportent les nouvelles mamans, que ce soit le personnel médical ou les grands-parents. Par ailleurs, lorsqu'on analyse les raisons pour offrir une suce, on réalise qu'il est important d'aider les mères à développer des attentes réalistes face aux comportements d'un nouveau-né. Enfin, on devrait aussi informer davantage les futurs mères sur les autres moyens de réconforter un bébé, que ce soit l'allaitement, le portage, le cododo, les massages ou le peau-à-peau.
(Pour une analyse plus complète du lien entre la suce et le sevrage, c'est ici.)
Référence:
L'article complet est disponible gratuitement à l'adresse suivante: http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1471-2431-12-7.pdf
Ces chercheurs ont interrogé 670 nouvelles mères australiennes concernant l'utilisation de la suce et l'alimentation de leur bébé. Il est intéressant de mentionner que toutes ces femmes étaient mères pour la première fois.
Tout d'abord, mentionnons que cette étude a bel et bien confirmé la popularité de la suce. En effet, 79% des mères interrogées ont offert une suce à leur enfant. En général, l'introduction de la suce a eu lieu vers 2 semaines. Par ailleurs, à l'âge de 3 semaines, le deux-tiers des enfants en avait reçu une.
Si le tiers des mères disent avoir offert une suce de leur propre chef, 28.7% disent avoir été conseillées par leur mère/belle-mère, 22.7% par leur sage-femme et 20.2% par leurs amies.
Les mères questionnées dans cette recherche ont donné plusieurs raisons pour l'utilisation de la suce, les plus fréquentes étant: pour réconforter leur bébé (78%), pour l'aider à s'endormir (57%) et pour le garder heureux et tranquille (40%).
Enfin, mentionnons que cette étude a également confirmé que les mères ayant introduit la suce avant l'âge de 4 semaines avaient plus de risques d'avoir cessé l'allaitement plus tôt que les mères n'ayant jamais offert de suce. Il en était de même pour les mères qui offraient la suce quotidiennement.
Cette étude démontre bien à mon avis que beaucoup d'éducation devrait être fait auprès des mères mais aussi des personnes qui supportent les nouvelles mamans, que ce soit le personnel médical ou les grands-parents. Par ailleurs, lorsqu'on analyse les raisons pour offrir une suce, on réalise qu'il est important d'aider les mères à développer des attentes réalistes face aux comportements d'un nouveau-né. Enfin, on devrait aussi informer davantage les futurs mères sur les autres moyens de réconforter un bébé, que ce soit l'allaitement, le portage, le cododo, les massages ou le peau-à-peau.
(Pour une analyse plus complète du lien entre la suce et le sevrage, c'est ici.)
Référence:
Chelsea E Mauch, Jane A Scott, Anthea M Magarey and Lynne A Daniels. Predictors of and reasons for pacifier use in first-time mothers: an observational study. BMC Pediatrics 2012, 12:7
L'article complet est disponible gratuitement à l'adresse suivante: http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1471-2431-12-7.pdf
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alimentation,
les premiers jours,
sevrage
11 janvier 2012
L'allaitement et le sommeil du bébé allaité
Voici un article que j'ai rédigé pour le site Parentzie à l'automne dernier. Comme il est toujours d'actualité, j'ai pensé mettre un lien pour le partager avec vous:
L’allaitement et le sommeil du bébé
Bonne lecture!
Catégories:
allaitement,
les premiers jours,
sommeil
27 novembre 2011
La deuxième nuit de bébé
par Jan Barger, RN, MA, IBCLC.
Traduit et publié avec la permission de l’auteur.
Vous avez réussi à passer au travers des 24 premières heures de votre vie de nouvelle maman. Vous avez peut-être d’autres enfants mais vous êtes une nouvelle maman encore une fois… et maintenant c’est la deuxième nuit de votre bébé.
Tout à coup, votre tout-petit découvre qu’il n’est plus dans votre ventre chaud et confortable (quoiqu’un peu bondé) où il a passé les 8 à 9 derniers mois. Et pour lui, c’est effrayant ici! Il n’entend plus le rythme familier de votre cœur, ni le bruissement des artères du placenta, ni même le son apaisant de vos poumons ou les gargouillis réconfortant de vos intestins. Au lieu de tout cela, il est dans un berceau, emmailloté dans une couche, un chandail, un chapeau et une couverture. Toute sorte de gens le manipule et il n’est toujours pas habitué à tous ces nouveaux bruits, ces lumières, ces sons et ces odeurs. Il a toutefois trouvé une chose, et c’est sa voix… En effet, vous remarquez qu’à chaque fois que vous le retirez du sein (où il avait confortablement sombré dans le sommeil) pour le déposer dans son berceau, il proteste avec vigueur.
En fait, à chaque fois que vous le remettez au sein, il tète un petit moment et se rendort. Puis, si vous le retirez du sein et vous le remettez au lit, il pleure encore… Il commence à chercher autour, à vous chercher. Et cela continue pour ce qui semble des heures. Plusieurs mères sont convaincues que c’est parce que leur lait tarde à « venir » et que le bébé meure de faim. Pourtant, ce n’est pas cela mais plutôt la réalisation soudaine par votre bébé que l’endroit le plus confortable et le plus réconfortant pour lui est votre sein. C’est ce qu’il y a de plus semblable au « chez-soi » qu’il a connu. C’est un phénomène universel chez les bébés, les consultantes en lactation partout à travers le monde l’ont remarqué.
Alors, que pouvez-vous faire? Lorsque le bébé s’abandonne au sommeil après une bonne tétée, brisez la succion et glissez doucement votre mamelon hors de sa bouche. Ne le déplacez pas, sauf pour placer sa tête plus confortablement sur votre sein. N’essayer pas de lui faire faire un rot. Blottissez vous avec lui jusqu’à ce qu’il tombe dans un sommeil profond dans lequel il ne sera pas dérangé si on le déplace. Les bébés tombent d’abord dans un état de sommeil léger (sommeil paradoxal), et ensuite alternent entre des cycles de sommeil paradoxal et de sommeil profond d’environ 30 minutes. S’il commence à chercher ou à agir comme s’il voudrait retourner au sein, il n’y a pas de problème : c’est sa façon de se calmer et de s’apaiser.
Une autre astuce utile : ses mains étaient ses meilleures amies dans l’utérus, il pouvait sucer son pouce ou ses doigts aussitôt qu’il était légèrement troublé ou inconfortable. Et tout d’un coup, on les lui enlève et quelqu’un lui met des mitaines! Il n’a plus de façon de se réconforter avec ces mitaines. Les bébés ont besoin de toucher, de sentir, et même la sensation de ses mains sur vos seins augmentera vos niveaux d’ocytocine ce qui contribuera à stimuler votre production de lait! Alors, enlevez-lui ses mitaines et desserrez ses couvertures pour qu’il puisse utiliser ses mains. Il s’égratignera peut-être mais il guérira très rapidement. Après tout, il avait des ongles lorsqu’il était à l’intérieur de vous et personne ne lui mettait des mitaines!
Enfin, ce phénomène peut arriver à l’occasion à la maison aussi, particulièrement lorsque vous changez d’environnement comme lors d’une visite chez le docteur, au centre commercial ou chez les grands-parents! Ne vous laissez pas abattre : les bébés ont parfois besoin d’un supplément de réconfort au sein parce que, pour un bébé, le sein est son « chez soi ».
© 2003 / Jan Barger RN, MA, IBCLC / Lactation Education Consultants
Peut être reproduit à des fins non-commerciales
____________________________________________________________
Jan Barger est maman de trois enfants (20 à 30 ans) et toute nouvelle grand-maman. Ses autres certifications incluent : Consultante en lactation pour un groupe pédiatrique en banlieue de Chicago, directrice du Lactation Education Consultants (une organisation qui procure de l’éducation pour celles désirant devenir consultantes en lactation de même que de la formation continue pour les IBCLC). Infirmière certifiée en santé maternelle et infantile depuis plus de 30 ans. Auxiliaire du corps professoral du Centre médical de l’Université Rush de Chicago et au Collège Wheaton, en Illinois. Présidente de l’ILCA de 1990 à 1992, membre du conseil d’administration de l’IBLCE de 1992 à 1994 et membre du comité d’examen de 1998. Co-auteur du livre Clinical Experience in Lactation : A Blueprint for Internship, et contribution au livre Counseling the Nursing Mother de Lauwers et Swisher.
Traduit et publié avec la permission de l’auteur.
Vous avez réussi à passer au travers des 24 premières heures de votre vie de nouvelle maman. Vous avez peut-être d’autres enfants mais vous êtes une nouvelle maman encore une fois… et maintenant c’est la deuxième nuit de votre bébé.
Tout à coup, votre tout-petit découvre qu’il n’est plus dans votre ventre chaud et confortable (quoiqu’un peu bondé) où il a passé les 8 à 9 derniers mois. Et pour lui, c’est effrayant ici! Il n’entend plus le rythme familier de votre cœur, ni le bruissement des artères du placenta, ni même le son apaisant de vos poumons ou les gargouillis réconfortant de vos intestins. Au lieu de tout cela, il est dans un berceau, emmailloté dans une couche, un chandail, un chapeau et une couverture. Toute sorte de gens le manipule et il n’est toujours pas habitué à tous ces nouveaux bruits, ces lumières, ces sons et ces odeurs. Il a toutefois trouvé une chose, et c’est sa voix… En effet, vous remarquez qu’à chaque fois que vous le retirez du sein (où il avait confortablement sombré dans le sommeil) pour le déposer dans son berceau, il proteste avec vigueur.
En fait, à chaque fois que vous le remettez au sein, il tète un petit moment et se rendort. Puis, si vous le retirez du sein et vous le remettez au lit, il pleure encore… Il commence à chercher autour, à vous chercher. Et cela continue pour ce qui semble des heures. Plusieurs mères sont convaincues que c’est parce que leur lait tarde à « venir » et que le bébé meure de faim. Pourtant, ce n’est pas cela mais plutôt la réalisation soudaine par votre bébé que l’endroit le plus confortable et le plus réconfortant pour lui est votre sein. C’est ce qu’il y a de plus semblable au « chez-soi » qu’il a connu. C’est un phénomène universel chez les bébés, les consultantes en lactation partout à travers le monde l’ont remarqué.
Alors, que pouvez-vous faire? Lorsque le bébé s’abandonne au sommeil après une bonne tétée, brisez la succion et glissez doucement votre mamelon hors de sa bouche. Ne le déplacez pas, sauf pour placer sa tête plus confortablement sur votre sein. N’essayer pas de lui faire faire un rot. Blottissez vous avec lui jusqu’à ce qu’il tombe dans un sommeil profond dans lequel il ne sera pas dérangé si on le déplace. Les bébés tombent d’abord dans un état de sommeil léger (sommeil paradoxal), et ensuite alternent entre des cycles de sommeil paradoxal et de sommeil profond d’environ 30 minutes. S’il commence à chercher ou à agir comme s’il voudrait retourner au sein, il n’y a pas de problème : c’est sa façon de se calmer et de s’apaiser.
Une autre astuce utile : ses mains étaient ses meilleures amies dans l’utérus, il pouvait sucer son pouce ou ses doigts aussitôt qu’il était légèrement troublé ou inconfortable. Et tout d’un coup, on les lui enlève et quelqu’un lui met des mitaines! Il n’a plus de façon de se réconforter avec ces mitaines. Les bébés ont besoin de toucher, de sentir, et même la sensation de ses mains sur vos seins augmentera vos niveaux d’ocytocine ce qui contribuera à stimuler votre production de lait! Alors, enlevez-lui ses mitaines et desserrez ses couvertures pour qu’il puisse utiliser ses mains. Il s’égratignera peut-être mais il guérira très rapidement. Après tout, il avait des ongles lorsqu’il était à l’intérieur de vous et personne ne lui mettait des mitaines!
Enfin, ce phénomène peut arriver à l’occasion à la maison aussi, particulièrement lorsque vous changez d’environnement comme lors d’une visite chez le docteur, au centre commercial ou chez les grands-parents! Ne vous laissez pas abattre : les bébés ont parfois besoin d’un supplément de réconfort au sein parce que, pour un bébé, le sein est son « chez soi ».
© 2003 / Jan Barger RN, MA, IBCLC / Lactation Education Consultants
Peut être reproduit à des fins non-commerciales
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Jan Barger est maman de trois enfants (20 à 30 ans) et toute nouvelle grand-maman. Ses autres certifications incluent : Consultante en lactation pour un groupe pédiatrique en banlieue de Chicago, directrice du Lactation Education Consultants (une organisation qui procure de l’éducation pour celles désirant devenir consultantes en lactation de même que de la formation continue pour les IBCLC). Infirmière certifiée en santé maternelle et infantile depuis plus de 30 ans. Auxiliaire du corps professoral du Centre médical de l’Université Rush de Chicago et au Collège Wheaton, en Illinois. Présidente de l’ILCA de 1990 à 1992, membre du conseil d’administration de l’IBLCE de 1992 à 1994 et membre du comité d’examen de 1998. Co-auteur du livre Clinical Experience in Lactation : A Blueprint for Internship, et contribution au livre Counseling the Nursing Mother de Lauwers et Swisher.
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