27 novembre 2011

La deuxième nuit de bébé

par Jan Barger, RN, MA, IBCLC.

Traduit et publié avec la permission de l’auteur.

Vous avez réussi à passer au travers des 24 premières heures de votre vie de nouvelle maman. Vous avez peut-être d’autres enfants mais vous êtes une nouvelle maman encore une fois… et maintenant c’est la deuxième nuit de votre bébé.

Tout à coup, votre tout-petit découvre qu’il n’est plus dans votre ventre chaud et confortable (quoiqu’un peu bondé) où il a passé les 8 à 9 derniers mois. Et pour lui, c’est effrayant ici! Il n’entend plus le rythme familier de votre cœur, ni le bruissement des artères du placenta, ni même le son apaisant de vos poumons ou les gargouillis réconfortant de vos intestins. Au lieu de tout cela, il est dans un berceau, emmailloté dans une couche, un chandail, un chapeau et une couverture. Toute sorte de gens le manipule et il n’est toujours pas habitué à tous ces nouveaux bruits, ces lumières, ces sons et ces odeurs. Il a toutefois trouvé une chose, et c’est sa voix… En effet, vous remarquez qu’à chaque fois que vous le retirez du sein (où il avait confortablement sombré dans le sommeil) pour le déposer dans son berceau, il proteste avec vigueur.

En fait, à chaque fois que vous le remettez au sein, il tète un petit moment et se rendort. Puis, si vous le retirez du sein et vous le remettez au lit, il pleure encore… Il commence à chercher autour, à vous chercher. Et cela continue pour ce qui semble des heures. Plusieurs mères sont convaincues que c’est parce que leur lait tarde à « venir » et que le bébé meure de faim. Pourtant, ce n’est pas cela mais plutôt la réalisation soudaine par votre bébé que l’endroit le plus confortable et le plus réconfortant pour lui est votre sein. C’est ce qu’il y a de plus semblable au « chez-soi » qu’il a connu. C’est un phénomène universel chez les bébés,  les consultantes en lactation partout à travers le monde l’ont remarqué.

Alors, que pouvez-vous faire? Lorsque le bébé s’abandonne au sommeil après une bonne tétée, brisez la succion et glissez doucement votre mamelon hors de sa bouche. Ne le déplacez pas, sauf pour placer sa tête plus confortablement sur votre sein. N’essayer pas de lui faire faire un rot. Blottissez vous avec lui jusqu’à ce qu’il tombe dans un sommeil profond dans lequel il ne sera pas dérangé si on le déplace. Les bébés tombent d’abord dans un état de sommeil léger (sommeil paradoxal), et ensuite alternent entre des cycles de sommeil paradoxal et de sommeil profond d’environ 30 minutes. S’il commence à chercher ou à agir comme s’il voudrait retourner au sein, il n’y a pas de problème : c’est sa façon de se calmer et de s’apaiser.

Une autre astuce utile : ses mains étaient ses meilleures amies dans l’utérus, il pouvait sucer son pouce ou ses doigts aussitôt qu’il était légèrement troublé ou inconfortable. Et tout d’un coup, on les lui enlève et quelqu’un lui met des mitaines! Il n’a plus de façon de se réconforter avec ces mitaines. Les bébés ont besoin de toucher, de sentir, et même la sensation de ses mains sur vos seins augmentera vos niveaux d’ocytocine ce qui contribuera à stimuler votre production de lait! Alors, enlevez-lui ses mitaines et desserrez ses couvertures pour qu’il puisse utiliser ses mains. Il s’égratignera peut-être mais il guérira très rapidement. Après tout, il avait des ongles lorsqu’il était à l’intérieur de vous et personne ne lui mettait des mitaines!

Enfin, ce phénomène peut arriver à l’occasion à la maison aussi, particulièrement lorsque vous changez d’environnement comme lors d’une visite chez le docteur, au centre commercial ou chez les grands-parents! Ne vous laissez pas abattre : les bébés ont parfois besoin d’un supplément de réconfort au sein parce que, pour un bébé, le sein est son « chez soi ».

© 2003 / Jan Barger RN, MA, IBCLC / Lactation Education Consultants
Peut être reproduit à des fins non-commerciales
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Jan Barger est maman de trois enfants (20 à 30 ans) et toute nouvelle grand-maman. Ses autres certifications incluent : Consultante en lactation pour un groupe pédiatrique en banlieue de Chicago, directrice du Lactation Education Consultants (une organisation qui procure de l’éducation pour celles désirant devenir consultantes en lactation de même que de la formation continue pour les IBCLC). Infirmière certifiée en santé maternelle et infantile depuis plus de 30 ans. Auxiliaire du corps professoral du Centre médical de l’Université Rush de Chicago et au Collège Wheaton, en Illinois. Présidente de l’ILCA de 1990 à 1992, membre du conseil d’administration de l’IBLCE de 1992 à 1994 et membre du comité d’examen de 1998. Co-auteur du livre Clinical Experience in Lactation : A Blueprint for Internship, et contribution au livre Counseling the Nursing Mother de Lauwers et Swisher.

5 commentaires:

  1. J'adore ;) Tellement vrai, tellement ça ;)

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  2. Ahh c'est tellement beau et vrai. :)

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  3. J'aurais aimé lire ce texte avant la naissance de mon fils, j'aurais moins été abasourdie par le fait qu'il ne veuille pas s'éloigner de mon sein pendant 4, 5 voire 6 heures d'affilée! Magnifique!

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  4. Enfin, on parle de LA DEUXIÈME NUIT DE BÉBÉ. Toutes mes deuxièmes nuits ont été difficiles... et chaque fois (même la troisième), j'ai pleuré en pensant que je manquais de lait (pcq toutes les mères occidentales ont cette crainte alors que d'autres mères sont culturellement épargnées).

    Merci d'en parler!!!

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    1. Je trouvais aussi que ce texte de Jan Barger pouvait être très utile aux nouveaux parents.

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