25 septembre 2013

Difficultés d'allaitement : encore trop fréquentes!

Avec la semaine mondiale de l'allaitement qui approche, il est plus pertinent que jamais de s'interroger sur les moyens à notre disposition pour aider les mères dans leur allaitement. Selon des chercheurs américains, la priorité du réseau de la santé devrait être de diminuer la fréquence des difficultés que rencontrent les mères pendant les deux premières semaines.

D'après cette nouvelle étude parue dans la revue Pediatrics, les mères qui disent connaître des difficultés dans les trois premiers jours suivant l'accouchement ont dix fois plus de risque de cesser d'allaiter avant que leur bébé ait deux mois. Cela est d'autant plus inquiétant que c'est 92 % des nouvelles mères qui font partie de ce groupe.

En interrogeant 532 mères d'un premier bébé, les chercheurs ont constaté que la quasi totalité de ces femmes avait des difficultés à allaiter. Parmi les problèmes les plus fréquents, on retrouve le bébé qui ne prend pas le sein, les douleurs aux seins et la production de lait insuffisante.

Par ailleurs, les quelques femmes pour qui l'allaitement se déroule sans anicroches dans les premiers jours semblent avoir certains points en commun. Celles-ci sont plus jeunes mais aussi plus confiantes en leur capacité à allaiter. Elles ont plus souvent eu un accouchement vaginal non-médicamenté et jouissent d'un bon support de leurs proches.

La situation décrite dans cette étude illustrerait le manque existant entre les ressources disponibles à l'hôpital et celles dans la communauté, croient les chercheurs. Ceux-ci proposent donc une approche en deux temps pour favoriser l'allaitement. 

D'une part, il faut mettre en place des mesures pour protéger l'allaitement comme l'information avant la grossesse et le support de mère à mère. D'autre part, il est primordial de répondre aux préoccupations et aux difficultés des mères grâce à un réel soutien en allaitement offert par des professionnels formés en lactation.

Au risque de me répéter, il est maintenant temps de mettre la promotion de côté et d'investir massivement dans le support des mères et la formation des intervenants.

Pour en savoir plus...
Fait-on fausse route pour la promotion de l'allaitement?
Comment s'est passé l'allaitement de votre médecin?
L'impact des complications pendant l'accouchement sur la durée de l'allaitement

Références:
Wagner, Erin A., Chantry, Caroline J., Dewey, Kathryn G., Nommsen-Rivers, Laurie A.  (2013) Breastfeeding Concerns at 3 and 7 Days Postpartum and Feeding Status at 2 Months. Pediatrics peds.2013-0724; published ahead of print September 23, 2013.

Feuer, Jim / EurekAlert (Cincinnati, 2013, 23 septembre). « Breastfeeding fraught with early challenges for many first-time mothers ». http://www.eurekalert.org/pub_releases/2013-09/cchm-bfw091813.php

2 commentaires:

  1. J'ai accouché en septembre 2012 dans un hôpital qui promeut le naturel (peu de péri, peu d'épisio) et l'allaitement. Il m'a quand même été dit au 2ième jour de vie
    -" mais votre bébé pleure c'est qu'il a faim, il faut lui donner un biberon vous n'avez pas de lait" (ben non c'est juste que la montée de lait n'était pas arrivée).
    - "votre bébé a de l'ictère, il lui faut un biberon pour faire baisser son ictère. Sinon il devra partir en séance UV et là on lui donnera un biberon alors autant lui ,donner tout de suite" (bien sur l'ictère a diminué dès l'arrivée de la montée de lait et mon bébé n'a pas du avoir d'UV ni de biberon d'ailleurs ....).
    Bref, y a encore du travail !

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  2. Personnellement, j'avais acheté un livre sur l'allaitement (Marie Thirion), et c'est ce seul support (et quelques témoignages de blogueuses) qui m'a aidée à tenir bon face aux absurdités qu'on m'a servies à la maternité. En plus j'ai accouché par césarienne, donc la montée de lait s'est faite 5 jours après.
    5 jours à refuser qu'on emmène ma fille en nurserie pour éviter un biberon donné dans mon dos, 5 jours à entendre "elle a dormi 10h ? réveillez-la pour la tétée" (ma fille pesait 3,8 kgs ...), 5 jours à entendre "vous ne produisez pas assez de lait" et me faire pincer fort les mamelles pour voir ce qui en sortait ... désastreux !

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