12 juin 2013

Les impacts psychologiques de la procréation assistée

Depuis août 2010, il est possible pour les femmes québécoises d'avoir recours gratuitement au programme de procréation assistée. Avec l'implantation de ce programme, l'achalandage dans les cliniques de fertilité a connu une croissance importante. Devant une telle popularité, il est essentiel d'évaluer les impacts de ces techniques sur la santé des femmes. Des chercheurs de Hong Kong se sont penchés plus particulièrement sur le traumatisme psychologique possible chez les femmes qui vivent une fausse couche après des démarches de procréation assistée.

Pour déterminer le risque de traumatisme psychologique, les chercheurs ont donc rencontré 150 femmes qui ont connu une fausse couche pendant leur premier trimestre de grossesse. La moitié de ces femmes avait conçu leur bébé par procréation assistée. On a ainsi pu comparer les niveaux de stress et de dépression entre les deux groupes.

Les auteurs de l'étude ont ainsi remarqué que si le niveau de stress était élevé dans les deux groupes une semaine après la fausse couche, il diminuait graduellement par la suite dans le groupe qui avait conçu naturellement. Au contraire, dans le groupe qui avait conçu par procréation assistée, le niveau de stress demeurait élevé 4 et 12 semaines après la fausse couche.

De plus le taux de maladies psychologiques était 1,75 fois plus élevé chez ces femmes. Cela porte donc les chercheurs à conclure que la durée de l'infertilité et le besoin d'avoir recours à la procréation assistée sont associés à un stress émotionnel élevé après une fausse couche. Pour cette raison, il est suggéré d'outiller mieux les médecins pour qu'ils soient en mesure de détecter les symptômes de dépression chez les femmes utilisant ces techniques et de mettre en place des ressources adéquates pour les supporter dans ces moments difficiles.

Dans le contexte québécois, cela signifie qu'il n'est pas suffisant de créer un programme de procréation assistée. Il faut également évaluer les impacts de ce système pour pouvoir offrir aux familles les services nécessaires après l'intervention. Les résultats de cette étude démontrent donc que cela devrait inclure des services psychologiques pour aider les femmes qui connaîtront une fausse couche.

D'autres billets sur la procréation assistée:
Le sevrage est-il nécessaire lors d'une procédure de procréation assistée?
Fécondation in vitro et cancer du sein

Références:
BJOG. (2013) Women who conceive with assisted reproduction are more likely to experience psychological trauma after miscarriage. Consulté le 11 juin 2013 à l'adresse http://www.bjog.org/details/news/4708791/Women_who_conceive_with_assisted_reproduction_are_more_likely_to_experience_psyc.html

Cheung C, Chan C, Ng E. (2013) Stress and anxiety-depression levels following first-trimester miscarriage: a comparison between women who conceived naturally and women who conceived with assisted reproduction. BJOG 2013; DOI: 10.1111/1471-0528.12251.

1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Ca semble tout à fait logique : il est bien plus facile de surmonter le traumatisme de la fausse couche quand on pense pouvoir obtenir une nouvelle grossesse facilement et naturellement.

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