9 avril 2012

Question de la semaine: Un bambin allaité qui ne consomme pas de lait de vache peut-il développer des carences?

Cette semaine, je réponds à la question de Rebecca Maftoul: Je continue d'allaiter ma fille qui a maintenant 21 mois. Je ne lui ai jamais donné de lait de vache. Si elle ne reçoit rien d'autre que mon lait (et de l'eau - pas de jus) pour boire, risque-t-elle de manquer de certains minéraux, comme le calcium par exemple ? 

Tout d'abord, il est intéressant de savoir que dans plusieurs régions du monde, on ne consomme pas de lait en tant que tel après le sevrage. Ici, on met beaucoup d’emphase sur le lait de vache qui est une source de calcium et de vitamine D.

Pendant la première année d'allaitement, le bébé reçoit environ 200 mg par jour de calcium via le lait maternel. À titre indicatif, on recommande un apport de 700 mg par jour pour un enfant entre 1 et 3 ans. Toutefois, les quantités de calcium dans le lait maternel varient beaucoup d'une mère à l'autre et tendent à diminuer au fur et à mesure que l'allaitement progresse. Bien sûr, un autre facteur important est la quantité de lait maternel que l'enfant consomme.


Le lait maternel seul ne pourrait donc pas subvenir aux besoins en calcium d'un bambin. Par contre, le lait de vache n'est pas la seule option.

On retrouve du calcium dans plusieurs aliments. Par exemple, les autres produits laitiers et leurs substituts (fromage, yogourt, crème glacée, boisson de soya enrichie) en contiennent beaucoup. On en trouve aussi dans les sardines, le saumon, le brocoli, les épinards, le bok choy, les haricots secs, les graines de sésame, la mélasse, le tofu enrichi en calcium et les amandes. Ensuite, il faut savoir que l'absorption du calcium dépend beaucoup de notre consommation. En effet, le taux d'absorption du calcium augmente lorsque les apports sont faibles. Lors de besoin accrus comme la grossesse, l'allaitement et l'adolescence, l'absorption est aussi plus efficace. Enfin, certains facteurs peuvent aussi favoriser l'absorption comme la vitamine D, le lactose (c'est pourquoi le calcium du lait maternel est bien absorbé) et l'activité physique. Au contraire, les fibres alimentaires, l'acide phytique qu'on retrouve dans les produits de grains entiers et les émotions négatives diminuent  l'absorption du calcium.

Pour ce qui est de la vitamine D, il y en a très peu dans le lait maternel (en moyenne 26 UI par litre). De plus, cette vitamine est difficile à trouver dans l'alimentation puisqu'elle est normalement produite lors de l'exposition au soleil. Malheureusement, notre mode de vie actuel rend ce processus difficile. Dans l'alimentation, les autres sources de vitamine D sont les boissons de soya enrichies en vitamine D, la margarine, le beurre, le poisson, le foie et les oeufs. Enfin, il est aussi possible d'utiliser des suppléments si on croit que notre alimentation est déficiente en vitamine D.

Par conséquent, en portant une attention particulière à l'alimentation de notre enfant, il est possible de s'assurer qu'il reçoit tout ce dont il a besoin. En effet, une alimentation variée permettra d'aller chercher non seulement le calcium et la vitamine D nécessaire mais aussi les matières grasses, les protéines et les autres vitamines et minéraux nécessaires à son développement.

Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le maternage? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse.

Références:
Jacques, Hélène. (2011) Éléments de nutrition. Québec: Université Laval.
Prentice A. 2000. Calcium in pregnancy and lactation. Annu Rev Nutr. ;20:249-72.
Walker, Marsha. (2011) Breastfeeding Management for the Clinician: Using the Evidence,  Jones & Bartlett Learning.
Santé Canada.  Apports nutritionnels de référence en vitamines, en éléments (minéraux) et en macronutriments.

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