19 novembre 2013

Des nouvelles du sondage sur l'appréciation des soins reçus en regard à l'alimentation du nouveau-né

Chaque année, lors de la semaine mondiale de l’allaitement, des témoignages de mères qui ont vécu une histoire d’horreur à la suite de la naissance de leur bébé font les manchettes. S’agit-il de cas isolés ou de la représentation d’une tendance inquiétante? C’est la question que nous nous sommes posée Chantal Lavigne (IBCLC), Nicole Pino (Regroupement Naissance-Renaissance) et moi-même. Ce questionnement a donné lieu au sondage sur l’appréciation des soins reçus en regard à l'alimentation du nouveau-né.

Plus de 1800 femmes de partout au Québec ont voulu témoigner de ce qu’elles ont vécu lors de la naissance de leur enfant en répondant à notre sondage, en ligne du 1er au 31 octobre 2013. Ces mères, majoritairement âgées de 25 à 34 ans, sont un peu plus scolarisées et aisées que la moyenne. Par contre, nous avons la chance de compter parmi elles des mères avec différentes expériences d’alimentation pour leur bébé : allaitement exclusif, allaitement mixte, alimentation avec des préparations commerciales pour nourrissons.

Bien que l’analyse demandera plusieurs mois de travail, déjà des tendances intéressantes se dessinent.

Par exemple, au moment de choisir d’allaiter ou non, les facteurs qui influencent la décision des femmes ne semblent pas être ceux que l’on croit. Le côté pratico-pratique de même que la possibilité de nourrir son enfant à l’extérieur de la maison importeraient autant que les considérations santé. Cela pourrait-il influencer la promotion et la protection de l’allaitement?

Les cours prénataux ont également attiré notre attention. Un nombre non négligeable de mères d’un premier bébé n’en ont pas suivi. Pourquoi? Nous nous intéresserons aussi à la façon dont ces cours présentent l’allaitement et les préparations commerciales pour nourrissons aux parents.

Nous analyserons plus en profondeur le soutien à l’allaitement pendant le séjour à l’hôpital ou à la maison de naissance. Plusieurs mères rapportent avoir senti un manque de respect à leur égard ou à celui de leur bébé. De plus, les directives par rapport à la fréquence des tétées ou à leur durée manqueraient d’uniformité. Nous avons aussi été étonnées de la proportion importante de bébés qui ont eu des difficultés à prendre le sein après l'accouchement.

Enfin, nous porterons une attention particulière aux mères qui ont sevré leur bébé dans les premières semaines. Elles semblent plus nombreuses à avoir donné naissance à l’hôpital et à avoir reçu une épidurale ou de l’ocytocine synthétique.

Il reste donc beaucoup de travail à accomplir pour déterminer si ces tendances représentent bel et bien des phénomènes réels. Heureusement, nous pourrons compter sur l’aide de Myriam Gagnon-Vézina dans notre aventure. 

Depuis plus de 10 ans, Myriam s’implique dans le milieu de la santé. Après quelques années à travailler en hôpital, elle a fait le saut au département de la prévention de la Société canadienne du cancer. La prévention la passionne, tout comme l’analyse de données et l’accès aux services de santé. Depuis trois ans, elle découvre l’univers de la périnatalité avec ces défis et ces enjeux particuliers. Maintenant, marraine d’allaitement, présidente du conseil d’administration de Nourri-Source Montréal et étudiante à la maîtrise en sciences économiques, elle espère pouvoir jumeler ses passions en aidant les parents et leur bébé à obtenir de meilleurs soins et un meilleur soutien.

Le projet ne fait donc que commencer et c’est avec plaisir que nous vous tiendrons au courant des développements qui auront lieu dans les prochains mois.

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