22 juillet 2013

Question de la semaine: Dans quelle mesure le bébé choisit-il le moment de sa naissance?

Aujourd'hui, je réponds à la question de Pascale Laberge: "Je me demande s'il y a des recherches faites sur la part du bébé dans le déclenchement de l'accouchement."

Lorsqu'un bébé est prêt à naître, l'initiation de l'accouchement se fait grâce à l'interaction entre certains facteurs maternels et certains facteurs foetaux. Cependant, quel est le rôle du bébé dans cet évènement? On croit en fait que le déclenchement du travail serait contrôlé en partie par le génome du foetus.

Pendant la grossesse, l'utérus est maintenu au repos par la progestérone et par d'autres molécules bloquant la stimulation des contractions. Cependant, au fur et à mesure que la grossesse progresse, certains gènes du foetus deviennent plus actifs. Selon les experts, le moment de cette activation serait planifié dès l'implantation, quoiqu'il puisse être influencé par des facteurs environnementaux.

D'une part, certains gènes favorisent la croissance du foetus. À mesure que le bébé grossit, il crée une pression sur les parois de l'utérus. Cela occasionne alors des changements au niveau des muscles de celui-ci et la production de protéines associées aux contractions (CAP). Ces protéines permettent de meilleures contractions de l'utérus et une réponse plus efficace aux prostaglandines qui jouent, entre autres, un rôle dans la maturation du col.

Deuxièmement, au fur et à mesure que la grossesse progresse, le placenta (qui contient les mêmes gènes que le foetus) se met à produire de plus en plus d'une hormone appelée corticolibérine (CRH). Celle-ci va alors stimuler le foetus à libérer du cortisol de même qu'une molécule appelée DHEAS.

Le DHEAS est nécessaire pour que le placenta puisse produire de l'estrogène. Cette production d'estrogène diminuera ensuite la progestérone, nuisant ainsi à son habileté à maintenir l'utérus au repos. L'estrogène favorise aussi la production des protéines CAP, des récepteurs pour l'ocytocine et des prostaglandines. Tout cela permettra donc de stimuler les contractions de l'utérus.

De plus, la production d'estrogène, de DHEAS et de cortisol favorise la sécrétion de l'hormone CRH dont il a été question plus haut. On assiste alors à un phénomène appelé rétroaction positive. Ainsi, l'hormone CRH stimule la production de DHEAS et de cortisol qui favorisent eux la formation d'estrogène qui stimule à son tour la production de plus de CRH. Cette réaction en chaîne peut ensuite recommencer et chacune de ces molécules est donc produite de façon de plus en plus importante menant à une amplification des contractions, d'où le déclenchement du travail.

En conclusion, l'initiation du travail se fait donc en réponse à l'étirement mécanique de l'utérus et à certains signaux du foetus. En plus des signaux déjà mentionnés, on retrouve aussi la production du surfactant et de la protéine SP-A par le bébé. Ce sont ces évènements qui pourront alors mener à une meilleure stimulation des muscles de l'utérus en réponse à l'ocytocine et aux prostaglandines. Une fois enclenché, plus rien ne devrait alors arrêter le travail, jusqu'à la naissance du bébé et l'expulsion du placenta.

Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le développement de l'enfant? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse. (N'étant pas médecin, il ne m'est pas possible de répondre à des questions médicales sur l'état de santé d'une mère ou d'un bébé. Si vous éprouvez des inquiétudes à ce sujet, contactez plutôt un professionnel de la santé.)

Référence:
Blackburn, S. T. (2012) Maternal, Fetal, & Neonatal Physiology: A Clinical Perspective. Maryland: Elsevier. 

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