13 mai 2013

Question de la semaine: Certains laits ou produits laitiers sont-ils plus propices à l'intolérance au lactose?

Aujourd'hui, je réponds à la question d'Elise Vidal: "Est-ce que certains types de lait sont associés à un plus grand risque d'intolérance au lactose pour les enfants?"

L'intolérance au lactose est une condition caractérisée par un inconfort intestinal resssenti suite à la consommation d'un produit contenant du lactose, le sucre principal du lait. Les personnes qui en sont atteintes ne produisent pas assez de lactase, l'enzyme responsable de digérer le lactose dans l'intestin. Le lactose n'est donc pas digéré complètement et le surplus peut alors être fermenté par les bactéries de la flore intestinale. La présence de grande quantité de lactose dans l'intestin provoque aussi un flot d'eau vers celui-ci. C'est l'ensemble de ces facteurs qui causent de l'inconfort chez les individus affectés.

L'intolérance au lactose est très rare chez les bébés. En effet, l'activité de la lactase est élevée à la naissance pour permettre au bébé de digérer le lactose contenu dans le lait maternel. Au moment du sevrage et pendant l'enfance, la quantité de lactase va diminuer graduellement. Le phénomène a lieu habituellement entre 2 et 6 ans.

Au bout du compte, 70 à 100% des adultes à travers le monde deviendront intolérants au lactose, à l'exception des individus en provenance de l'Europe du Nord et de l'Europe central de même que leurs descendants habitant l'Amérique et l'Australie. Ces derniers tolèrent en effet beaucoup mieux le lactose. Par exemple, chez les Nord-Américains, seulement 15 % sont intolérants au lactose et 17 % dans le nord de la France (dans le sud, on parle plutôt de 65 %).

On sait que la quantité de lactose consommée est un facteur important pour le développement des symptômes. Par exemple, certaines personnes intolérantes peuvent tolérer 9 à 12 g de lactose, c'est-à-dire l'équivalent d'un verre de lait de vache de 200 ml.

Les laits fermentés, les yogourts de même que les produits laitiers auxquels on a ajouté des probiotiques sont associés à une diminution des symptômes d'intolérance au lactose. On croit que les bonnes bactéries se trouvant dans ces produits contiennent de la lactase qui peut être relâchée dans l'intestin et contribuer à digérer le surplus de lactose. Ces aliments ralentiraient aussi le voyage de la nourriture dans l'intestin ce qui laisserait plus de temps à la lactase pour digérer le lactose. Enfin, ils favoriseraient un bon environnement intestinal en modifiant, entre autres, son acidité.

Certaines personnes se demandent parfois si le lait pasteurisé est plus propice à déclencher une intolérance au lactose. Pour l'instant, les connaissances scientifiques sur le sujet ne semblent pas confirmer cette hypothèse. D'une part, la pasteurisation n'a pas d'effet sur la quantité ou la nature du lactose se trouvant dans le lait. Deuxièmement, le lait de vache cru ne contient pas de lactase qui pourrait favoriser la digestion. Enfin, il ne contient pas non plus suffisamment de probiotiques pour qu'on puisse remarquer les effets bénéfiques associés aux produits laitiers fermentés.

En conclusion, lors de l'introduction des produits laitiers chez un enfant, le type de lait de vache offert n'a pas d'impact particulier sur la tolérance au lactose. Quoiqu'il est plutôt rare qu'un jeune enfant soit affecté par cette condition, si c'est le cas, il faudrait donc se tourner vers un lait de vache spécialement traité qui ne contient pas de lactose, vers un lait végétal ou vers des produits laitiers fermentés.

Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le développement de l'enfant? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse. 

Références:
Macdonald LE, Brett J, Kelton D, Majowicz SE, Snedeker K, Sargeant JM.  A systematic review and meta-analysis of the effects of pasteurization on milk vitamins, and evidence for raw milk consumption and other health-related outcomes. J Food Prot. 2011 Nov;74(11):1814-32. doi: 10.4315/0362-028X.JFP-10-269.

de Vrese M, Stegelmann A, Richter B, Fenselau S, Laue C, Schrezenmeir J. (2001) Probiotics--compensation for lactase insufficiency. Am J Clin Nutr. 2001 Feb;73(2 Suppl):421S-429S.

U.S. Food and Drug Administration (2011) Raw Milk Misconceptions and Danger of Raw Milk Consumption. Consulté le 11 mai 2013 à l'adresse http://www.fda.gov/Food/FoodborneIllnessContaminants/BuyStoreServeSafeFood/ucm247991.htm

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