7 mai 2012

Question de la semaine: Dans quelles conditions l'AVAC est-il possible?

Cette semaine, j'aborde le sujet de  Gabrielle Beaudoin: l'accouchement vaginal après une césarienne.

Présentement, au Québec, presqu'un accouchement sur quatre se solde par une césarienne. Pour plusieurs femmes ayant vécu une telle chirurgie, il y a un deuil à faire de l'accouchement vaginal qu'elles auraient souhaité vivre. C'est pour cette raison que, lors d'une nouvelle grossesse, certaines d'entre elles veulent tenter l'expérience de l'accouchement vaginal après une césarienne (AVAC).

Selon l'organisme AVAC-Info, dans la majorité des cas, il est possible de vivre un AVAC. La Société des obstétriciens-gynécologues du Canada (SOGC) mentionne même que cela peut être réalisable après deux césariennes ou plus. D'ailleurs, une étude réalisée en 2010 démontrait que les femmes ayant subi trois césariennes avaient le même taux de succès lors d'un AVAC que celles qui n'en avaient subi qu'une seule.

Selon Hélène Vadeboncoeur, les femmes ayant vécu une césarienne doutent souvent de leurs capacités à accoucher vaginalement. Pour vivre un AVAC, il faut donc commencer par s'interroger sur la nécessité d'une deuxième césarienne. Ensuite, il faut trouver un médecin prêt à nous soutenir dans le processus de l'AVAC. Si notre médecin n'accepte pas, il devrait au moins nous référer à un médecin prêt à le faire.

En effet, la recommandation officielle de la SOGC est la suivante: En l’absence de contre-indications, une femme ayant déjà subi une césarienne segmentaire transversale devrait se voir offrir un essai de travail; cette offre doit être accompagnée de discussions appropriées au sujet des risques et des avantages maternels et périnatals.

Les contre-indications mentionnées par la SOGC sont celles-ci:
1. le fait d’avoir déjà subi une césarienne classique ou de présenter une cicatrice utérine en « T » inversé;
2. le fait d’avoir déjà subi une hystérotomie ou une myomectomie accompagnée d’une intromission dans la cavité utérine ;
3. le fait d’avoir déjà subi une rupture utérine;
4. la présence d’une contre-indication au travail, telle que le placenta praevia ou une présentation anormale.
Si une femme n'a pas de contre-indications et souhaite vivre un AVAC, certaines astuces peuvent l'aider à mettre toutes les chances de son côté. Par exemple, pendant la grossesse, la femme devrait s'assurer d'être en forme, de bien se renseigner, de se préparer mentalement et de bien choisir qui sera à ses côtés. Ensuite, il est préférable de privilégier le travail spontané plutôt que l'induction. Enfin pendant le travail, le fait de relaxer et respirer seront d'une grande aide. On privilégiera aussi le mouvement et les positions verticales pour aider la descente du bébé et augmenter également l'efficacité des contractions.

En conclusion, en l'absence de contre-indications, il est tout-à-fait possible de vivre un AVAC, la meilleure chose à faire étant sans aucun doute de bien s'informer et d'être entourée des bonnes ressources.

Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le maternage? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse. 

Références:
Accouchement vaginal chez une patiente ayant déjà subi une césarienne (AVAC). (2011) Site de la Société des obstétriciens-gynécologues du Canada. (Consulté le 5 mai 2012)

Cahill AG, Tuuli M, Odibo AO, Stamilio DM, Macones GA.(2010) Vaginal birth after caesarean for women with three or more prior caesareans: assessing safety and success. BJOG.117(4):422-7.

Site de l'organisme AVAC-Info. (Consulté le 5 mai 2012)


Société des obstétriciens-gynécologues du Canada. (2005) Directive clinique sur l’accouchement vaginal chez les patientes ayant déjà subi une césarienne. Directive clinique de la SOGC no. 155.

2 commentaires:

  1. La question est mal formulée : l'AVAC est possible dans TOUS les cas où l'accouchement vaginal l'est. Par contre, il est un peu plus risqué qu'un accouchement vaginal normal (la comparaison étant ici faite entre 2 accouchements vaginaux et non entre l'AVAC et la césarienne planifiée) et certains facteurs peuvent augmenter ce risque.

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  2. Je ne suis définitivement pas une experte dans le domaine des AVAC. Je suis donc désolée si je n'utilise pas toujours les bons termes. Le but du billet était néanmoins d'informer les femmes que, dans bien des cas, les risques d'un AVAC ne sont pas plus élevés que ceux d'une deuxième césarienne.

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