22 janvier 2012

Schizophrénie et autisme: la faute aux infections prénatales?

Des infections affectant le cerveau du foetus pendant son développement pourraient avoir des conséquences à long terme sur les fonctions cognitives et comportementales d'un individu, ce qui pourrait mener au développement de l'autisme et de la schizophrénie. C'est l'hypothèse émise par des chercheurs de Zurich dans une édition récente du journal Pediatric Research.

La schizophrénie et l'autisme se ressemblent sur bien des aspects. En fait, à une certaine époque, on croyait que l'autisme était une manifestation précoce de la schizophrénie. Par exemple, dans les deux cas, on observe une diminution des interactions sociales et une difficulté à gérer les émotions. Par ailleurs, lorsqu'on étudie le cerveau des enfants autistes et des personnes souffrant de schizophrénie, on remarque que certaines anomalies sont présentes dans les deux groupes. Enfin, au niveau cellulaire, on a remarqué que, dans les deux cas, les sujets avaient une protéine dysfonctionnelle et de plus bas taux de sérotonine.

Les chercheurs proposent donc que la schizophrénie tout comme l'autisme pourraient être causées par une réponse inflammatoire anormale pendant la grossesse. Cette cause commune expliquerait que les deux maladies partagent plusieurs caractéristiques.

Lorsque le foetus fait face à une infection in utéro, son système immunitaire et celui de sa mère réagissent en déclenchant une réponse inflammatoire. D'ailleurs, des études épidémiologiques ont démontré que les risques de schizophrénie étaient plus élevés si la mère était infectée pendant la grossesse avec différents pathogènes. De la même façon, l'exposition à certains microbes avant la naissance est associée à l'autisme.

Voici donc l'hypothèse des chercheurs pour expliquer ces observations. Lors d'une infection, des molécules favorisant l'inflammation sont sécrétées et interfèrent alors avec le développement du cerveau du foetus. En effet, ces molécules pro-inflammatoires joueraient un rôle important dans le développement des neurones. Selon le type d'anomalies inflammatoires et les prédispositions génétiques de l'enfant, celui-ci pourrait développer alors soit la schizophrénie, soit l'autisme. Cette hypothèse a d'ailleurs été confirmée en partie par certains résultats de recherche. Par exemple, si la mère a un niveau élevé de molécules pro-inflammatoires pendant sa grossesse, son enfant a plus de risques de développer de la schizophrénie

La schizophrénie affecte environ 1% de la population alors que l'autisme touche environ 0,5 à 1 % des enfants. Cette dernière maladie serait toutefois en progression d'environ 15 % par année. L'hypothèse présentée par les chercheurs de Zurich permettra peut-être d'établir de nouvelles stratégies pour prévenir le développement de ces deux maladies.

Références:  MEYER, URS; FELDON, JORAM; DAMMANN, OLAF. Schizophrenia and Autism: Both Shared and Disorder-Specific Pathogenesis Via Perinatal Inflammation? Pediatric Research. 69(5 Part 2):26R-33R

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