12 mars 2013

Question de la semaine: Quels moyens de contraception sont compatibles avec l'allaitement?

Cette semaine, je réponds à la question de Jakie Niquet : "Je voudrais savoir si vous avez des études par rapport à la contraception et l'allaitement. Est-ce que les moyens de contraception mécanique ont un impact sur l'allaitement? Quel est le meilleur moyen de contraception?"

Tout d'abord, il faut mentionner que les études démontrent que l'allaitement retarde le retour de la fertilité. La méthode MAMA (Méthode d'Allaitement Maternel et d'Aménorrhée) est en effet efficace à 98 % si la mère peut répondre non aux trois questions suivantes:
  1. Est-ce que ses menstruations sont revenues?
  2. Offre-t-elle des suppléments à son bébé ou celui-ci passe-t-il de longues périodes sans téter?
  3. Est-ce que son bébé a plus de 6 mois?
Cependant, si une mère répond oui à l'une de ces questions, il est alors préférable d'utiliser un autre moyen de contraception. Par contre, peu importe la méthode choisie, les risques d'une grossesse demeurent bas puisque l'allaitement, même partiel, peut diminuer la fertilité. Par conséquent, tous les moyens contraceptifs sont plus efficaces chez une femme allaitante.

Les barrières mécaniques et les spermicides
Parmi les méthodes mécaniques, on retrouve les diaphragmes, les éponges contraceptives et les préservatifs. Comme on pourrait s'y attendre, ces méthodes n'ont pas d'impact sur l'allaitement. Leur utilisation demande toutefois certaines précautions.

Par exemple, la taille du diaphragme utilisé doit habituellement être ajustée après la grossesse. On suggère généralement d'attendre pour cela le retour à la normale complet de l'utérus, c'est-à-dire environ 6 semaines.

Par ailleurs, certaines femmes allaitantes peuvent être irritées lors de l'utilisation d'un préservatif. En effet, les bas niveaux d'estrogène associés à l'allaitement causent parfois de la sécheresse vaginale. Il est alors suggéré d'utiliser un lubrifiant.

Enfin, pour ce qui est des spermicides, ils sont considérés comme compatibles avec l'allaitement. Effectivement, même si une petite quantité peut être absorbée par la mère et se retrouver dans le lait maternel, aucun effet pour le bébé n'a été rapporté.

Stérilet sans hormones
L'utilisation du stérilet n'affecte pas la production ou la composition du lait maternel ni la croissance du bébé. Il est cependant préférable d'éviter d'installer un stérilet entre 2 jours et 6 semaines après l'accouchement car cela est associé à des saignements vaginaux abondants et de fortes contractions lors du réflexe d'éjection du lait, pendant la tétée. Par ailleurs, si le stérilet est installé par un médecin expérimenté, il n'y a pas de risques de perforation de l'utérus.

Méthodes hormonales
Les méthodes hormonales sont pour la plupart compatibles avec l'allaitement mais ne sont toutefois pas le premier choix à considérer. D'une part, une petite quantité d'hormone passe dans le lait maternel. Il faut toutefois mentionner que cette quantité est comparable à celle observée lors d'un cycle menstruel normal, c'est-à-dire moins d'un pourcent de la dose maternelle, et aucun effet n'a été observé chez l'enfant. D'autre part, ces méthodes pourraient potentiellement affecter la production de lait.

On divise les méthodes hormonales en deux groupes: les méthodes contenant de l'estrogène et celles à base de progestérone seulement.

Méthodes contenant de l'estrogène
Ces méthodes sont problématiques pendant l'allaitement puisque l'estrogène est associé à une baisse de la production de lait et de la durée de l'allaitement. Certaines études estiment que ces méthodes peuvent diminuer  la quantité de lait par 20 à 40 %. Les experts suggèrent donc d'éviter complètement ces méthodes dans les six semaines suivant l'accouchement. Entre 6 semaines et 6 mois, les risques continuent de dépasser les bénéfices. Cependant, si l'allaitement est bien établi et que toutes les autres méthodes de contraception sont jugées inacceptables, les méthodes à base d'estrogène pourraient être considérées. Il faudra toutefois suivre le gain de poids du bébé de près. Enfin, après 6 mois, on considère que l'utilisation de ces méthodes est sécuritaire puisque l'introduction des solides pourra compenser pour une baisse de la production de lait.

Méthodes à base de progestérone seulement
On sait que c'est la chute de la progestérone qui est responsable de la montée de lait après l'accouchement. Pour cette raison, il est important d'éviter ces méthodes dans les premières semaines suivant l'arrivée du bébé. Par la suite, les avis sont controversés. Certains experts croient en effet qu'il est raisonnable de les utiliser deux semaines après la naissance du bébé, en particulier pour les méthodes non-injectables. Les méthodes injectables sont en effet plus problématiques puisque leur utilisation est irréversible. Cependant, certains corps médicaux suggèrent plutôt d'attendre 6 semaines avant d'utiliser un moyen contraceptif à base de progestérone car, d'après eux, avant ce moment, les risques dépassent les bénéfices. Après cette période, les études semblent démontrer que ces méthodes sont compatibles avec l'allaitement. Il faut toutefois mentionner que plusieurs femmes rapportent malgré tout avoir connu une baisse de production de lait suite à leur utilisation. Une étude aurait également identifié un impact négatif de la pose d'un stérilet contenant de la progestérone sur l'allaitement. Il est donc préférable de demeurer vigilante.

En conclusion, les femmes allaitantes devraient recevoir toutes l'information nécessaire concernant les méthodes contraceptives lors de leur visite chez le médecin. Ce dernier évaluera alors avec elles leurs besoins et les aidera à faire un choix qui tiendra compte de leurs préférences, de leur allaitement et d'autres facteurs sociaux et médicaux.

Tous les lundis, je réponds à une question des lecteurs sur la périnatalité. Il y a quelque chose que vous auriez toujours aimé savoir concernant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement ou le développement de l'enfant? Écrivez-moi à info@mamaneprouvette.com et je tenterai de trouver la réponse.

Références:
Mohrbacher, N. (2010) Breastfeeding Answers Made Simple. Amarillo: Hale Publishing.

Faculty of Family Planning & Reproductive Health Care. FFPRHC Guidance (July 2004): Contraceptive choices for breastfeeding women. J Fam Plann Reprod Health Care. 2004 Jul;30(3):181-9; quiz 189.

5 commentaires:

  1. bonjour,
    l'implant est il compatible avec l'allaitement ?

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    1. il me semble que ce n'est pas compatible car il contient des œstrogènes...

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    2. Si c'est compatible je m'en suis fait posé 1 après la naissance de mon ainé alors que j'allaitais et ça na posé aucun pb ;o)Par contre il faut savoir que l'implant n'est pas forcément bien toléré et beaucoup de femme se le font enlever. Moi j'avais 3 sem de règles et 1 sem de paix ;o/ le gyné disais qu'il fallait que mon corps s'habitue etc... je me suis retrouvée tellemetn anémiée que j'ai failli être hospit pour être transfusée alors bof. En ce moment je prends la pilule Cérazette mais bon c'est des hormones de synthèse donc j'aime pas trop ;o/

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  2. Bonjour,
    Mon gynécologue refuse de me poser un stérilet tant que je n ai pas eu mon retour de couche.
    J allaite toujours mon fils de 16mois et je n ai aucun moyen de contraception depuis mon accouchement.
    Je ne prends pas la pilule car je crains d avoir une baisse de production de lait.
    J ai des implants mammaire et je prends de la dompéridone depuis la naissance de mon fils.

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  3. Vous aimeriez utiliser la MAMA? L'organisme communautaire spécialisé en fertilité naturelle, Seréna Québec, propose une formation et un suivi personnalisé. Si vous ne répondez pas aux critères de la MAMA, il y a une autre alternative naturelle en contraception : la méthode symptothermique en allaitement. Contactez-nous.

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