1 juin 2012

Sevrage et dépression

La dépression post-partum a des effets sur la façon dont une mère prend soin de son bébé. Entre autres, on sait que les mères souffrant de dépression ont davantage tendance à offrir des suppléments et à ne pas poursuivre l'allaitement jusqu'à 6 mois. Étant donné que l'allaitement, via la sécrétion d'ocytocine, aurait la capacité de réduire l'anxiété et la dépression, on peut s'interroger sur l'effet du sevrage sur les mères qui en souffrent.

Pour en savoir plus, des chercheurs norvégiens ont donc étudié 42000 femmes enceintes recrutées lors d'une échographie de routine. Les chercheurs ont ensuite évalué leur état de santé mental avant l'accouchement (30 semaines de gestation) et 6 mois après la naissance du bébé. Ils ont également pris en note la façon dont était nourri l'enfant pendant la première moitié de sa vie.

Les chercheurs ont ainsi remarqué que le fait de cesser complètement l'allaitement augmentait les risques de souffrir de dépression ou d'anxiété et que même un allaitement partiel pouvait réduire ce risque. Par ailleurs, chez les femmes qui souffraient déjà d'anxiété ou de dépression pendant la grossesse, le fait d'arrêter complètement l'allaitement empirait leurs symptômes.

Il faut toutefois être prudent dans l'interprétation de ces résultats. En effet, il serait possible qu'un élément stressant ait mené au sevrage et que cet élément soit aussi responsable des l'augmentation des symptômes de dépression. Par exemple, des études ont démontré que les femmes ayant des douleurs importantes aux mamelons (une raison fréquente de sevrage) ont plus de risques de vivre des épisodes de dépression.

Par contre, ce qu'on peut tirer de cette étude, c'est que le sevrage n'est vraisemblablement pas la solution à recommander aux femmes anxieuses ou dépressives. On devrait plutôt aider ces femmes à diminuer leurs sources de stress et à surmonter les problèmes qu'elles rencontrent. En fait, selon ces résultats, lorsqu'une femme est bien épaulée, l'allaitement pourrait être un atout pour vaincre la dépression et l'anxiété.

Référence: Eivind Ystrom. (2012) Breastfeeding cessation and symptoms of anxiety and depression: a longitudinal cohort study. BMC Pregnancy and Childbirth. 12:36.

2 commentaires:

  1. Oh la la... que cet article me parle, je me suis pas sentie bien du tout après mes sevrages... qui se sont pourtant fait en douceur et après un allaitement long !!
    Le pire là dedans, c'est que je me sentais totalement incomprise...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ces questions autour de l'allaitement et du sevrage sont bizarrement peu prises en compte par le corps médical et par les psychologues. Les implications affectives de l'allaitement sont énormes, on le découvre lorsqu'on en a l'expérience. parlons-en davantage et épaulons-nous entre jeunes mamans.

      Supprimer