11 janvier 2012

Les césariennes et l'asthme

L'American Journal of Epidemiology vient de publier un article intéressant sur le lien entre la césarienne et l'asthme. En effet, les résultats de cette étude viennent appuyer une hypothèse d'un groupe de chercheurs d'Edmonton dont j'avais discuté dans un texte précédent.

Des chercheurs Norvégiens ont mis en évidence la corrélation existant entre la naissance par césarienne et les risques de souffrir d'asthme à l'âge de trois ans. Comparativement aux bébés nés par voie vaginale, les bébés nés par césarienne (élective ou d'urgence) ont légèrement plus de risques de souffrir d'asthme. Le risque est également plus élevé si l'enfant ne provient pas d'une famille avec un historique d'asthme et d'allergie.

Il s'agit d'une étude très vaste puisqu'elle a analysé 31 171 enfants.

Selon les auteurs de l'étude, ce n'est pas vraiment la technique utilisée pour mettre le bébé au monde qui serait en cause. En fait, les bébés nés par césarienne seraient plus vulnérables au développement d'asthme car leur flore intestinale s'en trouverait altérée.

Cette hypothèse est d'ailleurs celle élaborée par les chercheurs d'Edmonton dont il a été question précédemment sur ce blogue. Rappelons que ceux-ci proposaient que la naissance par césarienne ne permettait pas au bébé d'être exposé aux bonnes bactéries habitant les intestins de sa mère. Il était ainsi plus à risque d'être colonisé par de mauvaises bactéries comme le C. difficile. Ces mauvaises bactéries pourraient alors persister dans les intestins de l'enfant jusqu'à l'âge de 6 mois.

Source: Norwegian Institute of Public Health (2012, January 10). Increased risk of developing asthma by age of three after Cesarean. ScienceDaily. Retrieved January 11, 2012, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2012/01/120110114440.htm

Référence: M. C. Magnus, S. E. Haberg, H. Stigum, P. Nafstad, S. J. London, S. Vangen, W. Nystad. Delivery by Cesarean Section and Early Childhood Respiratory Symptoms and Disorders: The Norwegian Mother and Child Cohort Study. American Journal of Epidemiology, 2011; 174 (11): 1275

2 commentaires:

  1. J'avoue être dubitative au sujet de ces études car par définition, l'asthme a des causes multi-factorielles et cette étude serait pertinente si les enfants avaient une hérédité comparable (prédisposition génétique ou pas), un environnement (pollution) identique etc... bref, si "toute chose étant égale par ailleurs".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En effet, dans un monde idéal, les études compareraient des individus génétiquement identiques et vivant dans un même environnement. Toutefois, si cela est possible dans les modèles animaux, cela est éthiquement impensable chez l'humain. Si on se limitait au type d'étude que vous proposez, il serait impossible d'étudier quoi que ce soit chez l'humain.
      Cependant, le point que vous soulevez est pertinent et il faut en tenir compte dans une recherche. C'est pourquoi la première étape d'une telle étude est de comparer les deux populations étudiées pour une multitude de facteurs (historique d'asthme dans la famille, parents fumeurs, âge des parents, etc). Si on confirme que les deux populations sont similaires à l'exception du facteur à l'étude (dans ce cas le type de naissance), on peut conclure que les résultats sont causées par ce facteur.
      Ceci étant dit, les résultats de cette étude ne contredisent pas l'aspect mult-factorielle de l'asthme mais identifie plutôt un nouveau facteur. Cela veut donc dire que la césarienne peut augmenter le risque de développer de l'asthme chez un enfant qui a vraisemblablement d'autres facteurs de risques.

      Supprimer