10 mai 2014

Petite histoire de la biologie de la reproduction

Dans le cadre du 24 heures de science, le Réseau québécois en reproduction et la Clinique OVO ont présenté un atelier animé par l'embryologiste Simon Phillips : L'art de concevoir.

Mères porteuses, donneuses d'ovules, désir d'enfant : le sujet de la fécondation in vitro refait les manchettes depuis quelques semaines. Après tout, il est légitime de s'interroger à l'occasion sur l'utilisation de nouvelles technologies médicales. Cependant, la science de la reproduction n'est pas aussi récente qu'on le croit.

Si le premier bébé né par fécondation in vitro a vu le jour il n'y a même pas 40 ans, les premières tentatives pour améliorer le sort des personnes infertiles datent en fait du 18e siècle. 

En 1790, pour la première fois, une femme est inséminée avec le sperme de son mari, raconte Simon Phillips, embryologiste à la clinique OVO. Le premier don de sperme a ensuite lieu en 1844 lorsqu'une équipe de médecins conclut que le mari de la femme à inséminer ne produit pas de spermatozoïdes dans son éjaculat. Pas de problèmes pour ces scientifiques toutefois : ils choisissent le plus bel étudiant du groupe pour inséminer la future mère... sans l'aviser!

Il faudra attendre une centaine d'années pour assister à la première congélation de sperme. Par la suite, dans la deuxième moitié du 20e siècle, les techniques évoluent rapidement. En 1965, des processus in vitro de maturation d'ovules sont mis au point et la première fertilisation in vitro a lieu en 1969, explique Dr Phillips.

En 1976, les scientifiques sont prêts pour la première implantation d'un embryon conçu in vitro. Malheureusement, l'expérience se soldera par une grossesse ectopique. Ce n'est donc qu'en 1978 que naîtra Louise Brown, le premier bébé éprouvette. Robert Edwards, l'embryologiste britannique qui a réussi la procédure, recevra le prix Nobel en 2010 pour ses travaux.

Depuis cette percée historique, la congélation d'embryon, le diagnostic préimplantatoire et la micro-injection des spermatozoïdes ont vu le jour.

Une aventure périlleuse
L'intérêt pour la biologie de la reproduction a débuté très tôt dans notre Histoire probablement parce que le système reproducteur humain n'est pas des plus efficace. Chez plusieurs animaux, le moment de la reproduction n'a lieu qu'une fois par année et pourtant les femelles sont fécondées presque systématiquement, rappelle Dr Phillips. C'est loin d'être le cas chez l'humain.

Dans un film intitulé « Spermatozoïdes : Que le meilleur gagne », on s'amuse d'ailleurs à imaginer le parcours d'un spermatozoïde à notre échelle. Si celui-ci était un humain, il devrait entre autres traverser un tunnel long de 320 km pour sortir de l'épididyme dans les testicules. Il parcourrait ensuite 24 km en moins de 2 secondes lors de l'éjaculation pour finalement arriver dans le système reproducteur féminin, l'équivalent d'une chaîne de montagnes hostile. Il n'est donc pas étonnant que la presque totalité d'entre eux ne termine pas le voyage. Et nous parlons ici de couples en santé!

La reproduction est un processus complexe. L'infertilité, c'est-à-dire l'absence de grossesses après un an de relations sexuelles sans contraception, touche un couple sur cinq selon le Dr Phillips. L'infertilité masculine serait aussi fréquente que l'infertilité féminine et, dans le tiers des cas, la cause demeure inexpliquée.

Référence :
Phillips, Simon. (2014, 9 mai) « L'art de concevoir ». Atelier organisé par le Réseau québécois en reproduction et la Clinique OVO dans le cadre du 24 heures de science.

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