25 janvier 2013

Une hémorragie post-partum ne diminue pas les chances d'avoir un autre enfant

Vivre une hémorragie post-partum peut être un évènement traumatisant pour une femme suite à un accouchement. Cela peut aussi être accompagné d'inquiétudes par rapport à la possibilité d'avoir un autre enfant. Les femmes ayant vécu ce malheureux incident peuvent toutefois se rassurer. Selon une étude écossaise parue dans le International Journal of Obstetrics and Gynaecology, l'hémorragie post-partum ne diminuerait pas les chances de vivre une deuxième grossesse.

C'est en effet ce que l'étude de 34 334 femmes ayant accouché entre 1986 et 2005 a révélé. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont divisé les femmes en deux groupes selon qu'elles avaient vécu ou non une hémorragie post-partum. Selon les chercheurs, 10 % des femmes se retrouvaient dans le premier groupe.

Cette comparaison a permis de constater qu'il n'y avait pas de différences entre les deux groupes en ce qui concerne l'intervalle entre les deux grossesses. De plus, les femmes qui avaient vécu une hémorragie avaient autant de chances de mener la seconde grossesse à terme. Elles avaient par contre 2,9 fois plus de chance de vivre une hémorragie post-partum lors de cette deuxième grossesse que le groupe contrôle.

Il faut toutefois noter que les femmes dont l'hémorragie avait eu lieu suite à une césarienne étaient plus nombreuses à ne pas concevoir un autre enfant en comparaison avec les femmes qui avaient accouché par césarienne mais qui n'avaient pas perdu de sang de façon importante.

On observe présentement au Royaume-Uni une augmentation de la fréquence des hémorragies post-partum. Selon les chercheurs, cette augmentation serait attribuable à une hausse des facteurs de risques maternels comme l'âge avancée de la mère, un indice de masse corporelle élevé ou le tabagisme. L'augmentation du nombre de césariennes serait aussi responsable en partie de ce phénomène. Dans ce contexte, les résultats de cette étude revêtent donc une importance particulière pour un grand nombre de femmes.

Selon l'un des chercheurs principaux de l'étude, les femmes ayant vécu une hémorragie post-partum ne devraient donc pas s'inquiéter sur leur capacité à concevoir un nouvel enfant. Toutefois, celui-ci soulève quand même le besoin de faire davantage d'études sur le sujet pour expliquer l'impact du type d'accouchement sur la fertilité des femmes ayant connu ce genre de complications.

Références:
Fullerton G, Danielian P, Bhattacharya S. (2013) Outcomes of pregnancy following postpartum haemorrhage. BJOG 2013; DOI: 10.1111/1471-0528.12120.

International Journal of Obstetrics and Gynaecology. (2013) BJOG release: Postpartum haemorrhage during first pregnancy doesn't affect future pregnancies. Consulté le 24 janvier 2013 à l'adresse: http://www.bjog.org/details/news/4281141/BJOG_release_Postpartum_haemorrhage_during_first_pregnancy_doesnt_affect_future_.html

2 commentaires:

  1. Oui, enfin il ne faudrait pas oublier qu'on en meurt, de l'hémorragie du post-partum, et que parfois pour sauver la vie de la maman, on est obligé de lui retirer l'utérus (ce qui diminue fortement ses chances de concevoir).
    Cette étude semble aussi ignorer que l'ocytocine administrée pour déclencher ou accélérer l'accouchement est un facteur de risque d'hémorragie (risque multiplié par 5 en cas de fortes doses), risque mis en évidence par une étude de l'Inserm datant de 2012.
    http://www.bebecyto.org/viewtopic.php?f=4&t=36

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    1. Merci pour ces renseignements supplémentaires. D'après vos données, on pourrait donc croire que l'augmentation des taux d'hémorragie post-partum pourrait aussi être due à la hausse du nombre d'interventions médicales lors de l'accouchement.

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