30 janvier 2013

L'allaitement n'augmente pas les risques de transmission de l'hépatite B

Bien que l'Organisation mondiale de la santé insiste sur le fait que l'infection chronique d'une mère avec le virus de l'hépatite B (HBV) ne constitue par une contre-indication à l'allaitement, certaines personnes s'inquiètent tout de même de la transmission de ce virus à l'enfant pendant l'allaitement. Cependant, une étude menée par des chercheurs chinois démontre que ces inquiétudes ne sont pas fondées.

Virus de l'hépatite B
En effet, ces derniers sont arrivés à cette conclusion en comparant le taux d'infection  par le HBV en fonction du mode d'alimentation chez des enfants dont la mère était infectée par ce virus. Au total, 546 enfants âgés entre 1 et 7 ans ont été étudiés. Notons également que pour 25,1% de ces enfants, la mère était aussi HBeAg positive, c'est à dire qu'elle était considérée comme hautement contagieuse.

Les enfants ont ensuite été répartis en deux groupes selon leur mode d'alimentation. Le groupe "alimentation artificielle" regroupaient les enfant ayant reçu exclusivement des laits artificiels et les enfants du groupe "allaitement maternel" avaient été allaités au moins 2 semaines.

Les chercheurs ont d'abord remarqué que 72,7% des enfants se retrouvaient dans le groupe allaitement maternel et que 27,3% étaient plutôt dans le groupe alimentation artificielle. Toutefois, les mères HBeAg positives (ou hautement contagieuses) étaient moins nombreuses dans  le groupe allaitement maternel.

Sur les 546 enfants étudiés, 2,4% ont développé une infection chronique au virus de l'hépatite B. Notons que tous ces enfants étaient nés d'une mère HBeAg positive. Dans le groupe "allaitement maternel", 1,5 % des enfants étaient porteurs du virus alors qu'on parle de 4,7% dans le groupe "alimentation artificielle". À première vue, il semblerait que l'allaitement aurait un effet protecteur. Toutefois, selon les auteurs, cela s'expliquerait par le fait que le groupe "allaitement maternel" comportait moins de mères HBeAg positives.

Pour vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont donc restreint leur analyse aux enfants nés de mères HBeAg positives. Ils ont alors remarqué en effet que, dans ce cas, il n'y avait pas de différences au niveau du taux d'infection entre les deux types d'alimentation. On peut donc conclure que l'allaitement n'est pas un facteur de risque de transmission mère-enfant du HBV.

On sait que des traces de HBV peuvent se retrouver dans le lait maternel de même que dans les lésions aux mamelons (gerçures et crevasses) des mères infectées. C'est probablement pour cette raison que plusieurs professionnels ont encore des réserves à encourager ces mères à allaiter. De plus, le fait que 70 à 90 % des infections périnatales deviennent chroniques ne contribuent certainement pas à rendre les professionnels plus à l'aise avec cela.

Cependant, les résultats de l'étude dont il est question aujourd'hui fournissent une preuve de plus qu'il est sécuritaire pour une mère infectée par le HBV d'allaiter son enfant. Ainsi, selon les chercheurs, les efforts de la communauté médicale devrait plutôt s'orienter vers la vaccination préventive des bébés de mères porteuses du HBV, une mesure qui semble jouer un rôle beaucoup plus important que le type d'alimentation.

Référence:
Xiangru Chen, Jie Chen, Jian Wen, Chenyu Xu, Shu Zhang, Yi-Hua Zhou, Yali Hu (2012) Breastfeeding Is Not a Risk Factor for Mother-to-Child Transmission of Hepatitis B Virus. Research Article | published 28 Jan 2013 | PLOS ONE 10.1371/journal.pone.0055303

2 commentaires:

  1. Article très intéressant...même avec une énorme faute de français ;-) on ne dit pas "malgré que"

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    1. Je vous remercie d'avoir souligné cette erreur de ma part. Comme vous pouvez le voir, j'ai effectué la correction.

      Je dois avouer humblement que je n'étais pas familière avec cette disposition de la langue française.
      J'ai donc consulté l'Office québécois de la langue française pour en savoir plus.
      Il semble donc que l'utilisation de "malgré que" n'est pas tant une faute qu'un mauvais usage du mot malgré dans le contexte d'un style soutenu.

      J'espère donc que cela diminue "l'énormité de ma faute" à vos yeux! ;-)

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